dimanche 22 juillet
Mais qu'est-ce que c'est que ce nano-binz ?
(Ou : ce que fait Lalette au boulot, quand elle est pas en train de buller)
Mon stage à moi que c'est moi qui le fais il est dans le CEA, sur le centre de Saclay, dans le labo qui est dans la Direction des Sciences de la Matière (DSM) / Departement de Recherche sur l'Etat Condensé, les Atomes et les Molécules (DRECAM) / Service de Physique de l'Etat Condesé (SPEC).
(c'est tout, le labo a pas de nom spécial).
Je parie que ça vous en bouche un coin. (mais on sait pas lequel par contre, faut pas abuser).
Sinon mon stage il a un nom (enfin un sujet), c'est "Insertion de nanoparticules dans des films de tensioactifs", et on a été gentils, on a pas parlé des trucs aux noms les plus barbares (comme par exemple des molécules amphiphiles et non je bafouille pas). Enfin il aurait pu s'appeler Insertion de nanoparticules dans des films de tensioactifs déposés sur substrat solide aussi.
Bon, ça vous aide pas tellement, la majorité d'entre vous. Je pourrais vous dire d'aller voir sur wikipedia si j'y suis, mais comme c'est pas le cas, ça servirait à rien en fait.
Alors j'essplique un piti peu ! (je suis troooop sympa je crois, c'est tellement ouf de la laïfe de voir ça !)
Donc. Ca commence.
(le trait sert à montrer qu'on parle de trucs sérieux maintenant, là oh.)
Donc la grande tendance de la Hype en ce moment chez les scientifiques (c'est les gens en blouse blanche, avec des grosses lunettes sales et mal coiffés je vous rappelle, pour ceux qui n'ont pas la chance d'en connaître, sachez que je rentre à présent dans cette catégorie, depuis que j'ai une blouse blanche) c'est les nano-machins et les nano-bidules (et aussi un peu les nano-trucs, mais moins quand même).
Un nano-chose, c'est un truc qui fait une taille qui se mesure avec des nanomètres, c'est-à-dire un milliardième de mètre. C'est très petit. Même moi pour me mesurer on utilise des mètres ou alors des centimètres, c'est dire.
[et ceux qui me feront remarquer qu'on peut tout mesurer avec des nanomètres ont raison, mais je les proute. Et je leur balance la définition d'une nanoparticule d'après Wikipedia : "Une nanoparticule est un assemblage de quelques centaines à quelques milliers d'atomes, conduisant à un objet dont au moins l'une de ses dimensions est de taille nanométrique (1 à 100 nm)."]
Bon. Et donc c'est bien joli de vouloir faire des nanoparticules par divers moyens plus ou moins recommandables, mais une fois qu'on les a faites ces particules, ben il faut les regarder, histoire de vérifier si on les a bien faites ou si c'est une hache, et la barbe.
Le souci, c'est que pour regarder des trucs si petits, c'est difficile. On a quelques techniques, dont je parlerai plus tard des fois (ou pas) mais elles nécessitent d'avoir un truc solide, et pas trois-quatre nanoparticules dans une solution, qui bougent tout le temps. Surtout qu'il faut que les particules soient individuelles (et pas collées en groupe), parce que l'intérêt des particules justement, c'est qu'elles ont pas les mêmes propriétés suivant leur taille.
Donc il faut les coller sur un substrat. Et c'est là que super-Lalette intervient (ou pas) !
Y'a tout plein de techniques qui existent déjà et dont j'ai pas envie de parler, mais celle que mon labo (oui, maintenant c'est MON labo) développe, c'est de mettre la solution avec les particules dans une bulle de savon, de poser la bulle de savon sur un papier-filtre mouillé, et de coller la bulle (avec les nanoparticules) sur le substrat solide (silicium, ou verre).
Moralité : Au boulot, quand Lalette ne bulle pas, elle fait des bulles, ou des substrats ;-)
mercredi 19 avril
Aïe Love Ze Méca Flux (ou pas)
Oué, moi j'aime la méca flux quand c'est un TP, quand le TPman il a des joulis nœils, et qu'on sort en avance après avoir joué avec des ventilateurs surpuissants (sans blague, j'ai appris à voler! Enfin, mon bras droit en tous cas a découvert la joyeuse sensation d'être confortablement posé sur de l'air, ce qui est classe) et appris des trucs stylés (que je m'en vas vous conter, comme quoi je suis trop sympa).
Vous qui jouez tous au tennis à peu près comme des dieux (ne niez pas, tout le monde sait jouer au tennis sauf moi, d'ailleurs c'est pas juste, je tiens à le signaler) ou au moins au ping-pong, au volley, au foot, au hand, à la pétanque ou tout autre jeu débile dont le but ultime est de déplacer un chose rond qui n'avait qu'une envie : obéir tranquillement au principe d'inertie bien rangé dans sa boi-boîte, vous donc, qui savez lancer des trucs ronds (je crois pas que ca marche avec des ballons de rugby, mais tant pis), vous savez sûrement ce qu'est une balle liftée, et donc un lift. Personellement, j'avoue, je savais que ca avait un rapport avec le tennis uniquement parce que des gens m'avaient dit une fois un truc qui ressemblait vaguement à "et avec ses balles liftées, tu vois, il était trop fort, donc j'ai perdu six-un, six-zéro". (Je sais pas jouer au tennis, d'ailleurs je n'y connais rien, mais quand les scores sont à base de six, c'est du tennis, c'est obligé. )
Donc, chers sportifs ballonnophiles, vous vous êtes sûrement déjà
demandés pourquoi une balle liftée est plaquée sur le sol, pour arriver à la conclusion que vous en saviez rien.
Sisi, vous vous l'êtes déjà demandé, c'est obligé, tout le monde se demande ça au moins une fois dans sa vie, avouez.
Bon, si vous vous l'êtes encore jamais demandé, demandez-le vous maintenant, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Vous avez deux minutes.
[...]
Ca y est? Vous vous l'êtes demandé? Vous savez pas, hein.
Eh bien, moi, si! Enfin, je sais pas vraiment, mais je connais une explication logique qui se montre avec les mains. Quoi de plus adapté à une note de blog qu'une explication avec les mains, étant entendu que quand j'écris une note de blog, non seulement mes mains sont occupées à tapoter doucement le clavier de Choupie, mais en plus vous ne les voyez pas (et de toutes façons, à part vous permettre d'admirer ma remarquable technique de frappe au clavier, ca ne servirait à rien, puisque mes mains étant occupées, elles ne peuvent pas expliquer)!
J'vas donc expliquer, à grand renfort de schémas magnifiques créés par moi-même en personne avec mes petites mains et Gimp, eh non, je le maîtrise toujours pas, ce qui explique la mochitude des schémas!
Supposons donc que vous ayez réussi à me convaincre de jouer au
tennis avec vous. On ne s'intéressera pas ici aux méthodes de
corruption nécéssaires pour faire ça, à mon avis il y a des gâteaux
là-dessous. parce que moi, je sais très bien que les trucs ronds AIMENT
taper violemment dans les gens petits avec des lunettes, les sournois.
Or, je suis un gen petit avec des lunettes, sisi.
Bref, vous
m'avez traînée sur un terrain de tennis en me promettant un brownie
(j'aime les brownies), et m'avez collée une raquette de tennis dans les
mains (en option, la jupette qu'on voit la culotte avec et le bandeau
qui sert même pas à attacher les cheveux, mais juste à avoir l'air
classe).
Et, comme vous êtes un pro et que vous êtes méchants avec moi, vous m'envoyez une balle liftée, petits canailloux!
Voilà donc ce qui se passe :
(Vous êtes de ce côté)
(Moi je suis là)
La balle vole dans l'air en tournant dans ce sens-là, avec une vitesse représentée par la flèche jaune.
Bon, comme on s'en fout un peu de la vitesse latérale de la balle,
vu qu'on sait que si le filet ou mes lunettes ne l'arrêtent pas avant,
la balle va aller à droite, en se collant contre le sol certes, mais à
droite. On va donc supposer que la balle ne bouge pas, et que c'est
l'air autour qui bouge (avec le terrain court de tennis, vous, moi et ma minijupe). Ca donne grosso modo ça :

Les lignes noires avec des flèches étant évidemment les trajectoires de l'air dans le référentiel de la balle.
sauf la flèche qui est sur la balle qui représente toujours la rotation d'icelle.
Bon. Maintenant on voit bien que quand
elle va tourner, la balle va entraîner un petit peu l'air qui est à
côté, parce que comme on n'est pas dans Star Trek mais dans un blog
sérieux ici, tout est continu, la physique c'est trop bien voilàvoilà.
Bon et puis vu la texture d'une balle de tennis, c'est obligé qu'elle entraîne l'air sans sa rotation.
Donc l'air qui va être entraîné par la balle dans son sens à lui (celui qui est en bas sur le dessin, et en vrai aussi) va être accéléré par la rotation, et celui qui est entraîné dans le mauvais sens (celui du haut) va être freiné.
Là, il faut comprendre un truc.
Quand
vous prenez un virage en voiture, à vélo ou avec votre moyen de
transport favori, vous êtes attirés vers l'extérieur du virage par une
force qui s'appelle la force centrifuge, parce qu'elle fuit le centre*.
Et vous êtes attirés d'autant plus fort que vous allez vite, c'est pour
ça que c'est pas bien d'aller trop vite dans les virages, parce que la
force centrifuge aime envoyer des voitures au choix dans les arbres** ou
dans les fossés.
Bon.
Ben l'air, il est comme tout le monde. Plus qu'il va vite dans le virage, plus qu'il est forcecentrifugé vers l'extérieur de son virage.
Si vous avez bien calculé, ca veut dire
que l'air du bas, qui va super vite, va être mégaforcecentrifugé, donc
il va vouloir aller vers le bas, mais il va vachement le vouloir
(puisqu'il va vite).
Pendant que l'air du haut, qui va pas vite,
va aussi être forcecentrifugé, mais vachement moins, donc il va vers le
haut, mais un peu mollement.
Donc vous avez compris que si tout l'air du bas s'en va d'en dessous de la balle, il va plus y en avoir pour tenir la balle.
(d'où le moins entouré qui signifie qu'il y a une baisse de pression).
Et la balle, si personne la tient, elle fait comme tout le monde, elle obéit à la gravité, car c'est la loi***.
Elle tombe.
Bon,
heureusement, il y a quand même de l'air en dessous, alors elle tombe
pas complètement tout de suite, sinon vous passeriez pas le filet et
mes lunettes seraient saines et sauves. Juste, elle descend, quoi.
Et si vous êtes bon, elle descend juste juqu'à là où je pourrai pas la rattrapper.
(Si vous êtes mauvais aussi de toutes façons.)
Et maintenant, je veux mon brownie.
* Et la force centripète, elle... Pardon, j'ai pas pu m'en empêcher.
**par
exemple, le truc jaune dans un arbre, c'est la voiture du facteur qui a
loupé un virage, et c'est la faute à la force centrifuge (et au facteur
qui avait qu'à aller moins vite)
*** je signale qu'en anglais, c'est plus drôle, quand même, et
je spécialedédicace cette note de bas de note, la blague qui l'a justifiée et le truc de geek qui va avec à Tirno.
mardi 14 février
La Matière est essentiellement lacunaire.
Phrase hautement stylée s'il en est, découverte un beau matin dans mon cours de physique de seconde (j'étais en seconde, donc, logique).
Je l'avais trouvée tellement jolie comme phrase que je l'avais illico retenue par cœur, en me promettant de la ressortir aussi souvent que l'occasion s'en ferait sentir, quitte à la rigueur à provoquer ladite occasion, promesse que j'ai, je le précise, complètement tenu, comme le montre cet exemple :
" - Oh lala, j'ai colle avec monsieur Machin, c'est horrible!
- Mais non, avec lui si tu connais bien ton cours, y'a pas de problème.
- Ben justement, ma connaissance de mon cours de physique est un peu comme la matière : essentiellement lacunaire. "
On a la classe, ou on l'a pas. Et dans ce genre de situations, moi, je l'ai. (ou pas).
"Certes", répondez-vous pour ne pas me contrarier, ce dont je vous sais gré, "Certes" donc, "Ô Lalaith, comme cette phrase est stylée! Mais elle le serait sans doute encore plus si seulement nous, pauvres mortels lecteurs de ton blog, savions ce qu'elle peut bien signifier! "
Vous n'avez pas tort.
Car en effet, en plus de contenir des tas de jolis mots, certes pas aussi longs que procrastination, mais quand même, cette petite phrase a un sens (et même des implications un peu angoissantes, par moments).
"La Matière est essentiellement lacunaire", ca veut dire, en gros, que tout ce qui est plein l'est de vide (ce qui résoud pas mal de problèmes quand au verre qui est moitié de chaque...). En fait, la matière est constituée de vide dans lequel flottent vaguement quelques atomes, eux mêmes constitués de vide, plus un noyau minusculissime et d'électrons qui ont une certaine probabilité d'être là (ou pas).
Les atomes sont du vide avec des fois des trucs dedans, et la matière est du vide avec des fois des atomes dedans.
En gros, vous êtes du vide. Moi aussi, remarquez. Et aussi votre maison, le siège sur lequel vous étiez tranquillement et confortablement installés juste avant d'apprendre qu'ils étaient faits de presque rien.
Là, il y a plusieurs possibilités. Soit vous ne me croyez pas -- Mais comment imaginer que vous, mes lecteurs de blog favoris, ne me fassiez pas confiance? -- et vous avez tort, car c'est vrai, soit vous commencez à vous inquiéter et à vérifier la soldité de votre maison, et vous avez tort aussi, parce que c'est pas parce que la matière est essentiellement lacunaire de partout que la maison va s'écrouler. Soit vous vous en foutez, et vous avez encore tort parce que c'est monstre passionnant. Soit enfin vous ne pouvez pas avoir tort parce que vous êtes Tirno ou Irulan et que vous avez toujours raison.
Ou alors, vous avez simplement envie de savoir comment, si la matière est faite de trous, elle peut tenir debout. Quand on empile des choses sur rien, en général ca se casse la marboulette avant que vous ayez eu le temps de dire quoi que ce soit, sans même parler de dire quelque chose d'intelligent, comme "Que la Lumière soit!" ou un truc comme ça.
J'ai appris ca en prépa. (comme quoi, la prépa, c'est bien. ) J'avais pas du tout compris avant. Mais bon, comme je suis amplement très sympathique, je vous dirai pas d'aller voir en MPSI3 si M. Bouc*houx le dit encore dans son cours, mais je vais vous le révéler.
Tout ça, c'est à cause des interactions electromagnétiques. Les particules chargées de la même façons ont le bon goût de se repousser, ce qui les empêche de s'écraser lamentablement les unes sur les autres (et nous avec, par voie de conséquence).
En fait, sans l'électromagnétisme, rien ne pourrait exister. Ce qui m'amène à penser que notre ami Dieu, quand il a voulu créer le monde, n'a pas du tout dit "Que la Lumière soit!" (d'ailleurs on a vu il y a deux paragraphes qu'il en aurait pas du tout eu le temps avant que la matière ne reste en son rien initial, ou presque.) Donc il a du dire un truc comme "Que l'Electromagnétisme soit!".
Bien entendu, les rédacteurs de la Bible n'ont rien compris : ils n'étaient pas allés en prépa, eux, et d'ailleurs ils n'auraient pas pu, puisque M. Bou*choux n'était même pas né, à l'époque. Il slisaient même pas de livres de physique, et même pas mon blog non plus. Il faut dire que comme l'écriture n'avait pas encore été inventée, ils ont des excuses. Donc ils sont allés voir Dieu et lui ont demandé "mais dis donc, Dieu, c'est quoi de l'électromagnétisme?" Et Dieu a été bien embêté, parce qu'il voyait pas trop comment expliquer. Donc, il a bredouillé "ben en fait, c'est commeuh... Par exemple, la Lumière est une onde électromagnétique, et aussi les micro-ondes, et..." Mais les rédacteurs ayant une capacité de concentration essentiellement lacunaire, ils avaient déjà arrêté d'écouter, et ont juste noté que l'électromagnétisme, c'était de la Lumière. C'est dommage parce que sinon, ils auraient vraiment bien pu faire avancer la Science.
Moralité : Il faut toujours écouter les explications jusqu'au bout, et ne pas oublier que la Matière est essentiellement lacunaire.
mardi 03 janvier
Bases
Comme réclamé à grands cris par tout un tas de geeks et d'informaticiens désireux de me prendre en faute sur leur terrain, mais sur mon propre blog, et de Mel' qui semble avoir des difficultés avec l'hexadécimal, ben, ca part en petit topo mathématique (youhou) !
Donc, les geeks et non-geeks qui me lisent toujours par milliers depuis la dernière note vont pouvoir me contredire sur les notions de base de numération. Youhou.
La base de numération, c'est le moyen qu'on va retenir pour écrire les nombres.
Vous
vous souvenez peut-être d'avoir vu un livre de maths niveau CP ou CE1:
on a des billes, quand on en a 10 on les met dans une boîte, quand on a
dix boîtes on met les 10 boîtes dans une valise, etc.
Choisir une base, c'est choisir la taille des boîtes (et des valises).
Un Helvète, linguiste certes, mais aussi matheux de son état, a eu la bonne idée de
me suggérer de démontrer par récurrence que pour tout n entier, on pouvait décomposer tout nombre
entier positif en une combinaison des puissances de n, à coefficients
entiers compris entre 0 et n-1.
Il a qu'à le faire lui-même, et à
le rendre sur copie double à petits carreaux, non perforée, avec une
marge de 4,7 cm à droite, à l'encre vert fonçé et en lettres gothiques.
Ou alors à le mettre dans les commentaires.
Moi, comme je suis folle, mais pas trop quand même, et que je suis,
avouons-le, une physicienne, en fait, je vais expliquer (parce que
j'aime expliquer des choses aux gens, sinon, je le ferais pas), mais de
façon compréhensible, même par des humains "normaux" (enfin,
je vais essayer. D'un autre côté, je doute que beaucoup d'humains
normaux lisent mon blog)(Partez pas, c'était un compliment !!! ) :
Si vous avez un certain nombre d'objets -- des billes, des shadoks, des noix de coco, des pommes de pin, des tin whistle, ou n'importe quoi de dénombrable -- vous pouvez les mettre en paquets de n (en comptant le 0; dans un paquet de n nombres, vous irez de 0 à n-1!).
Et dès que vous avez n paquets de n, vous pouvez en faire un paquet de n paquets de n, c'est à dire un gros-paquet de n².
Et si vous arrivez jusque n paquets de paquets de n, c'est à dire n gros-paquets de n², vous pouvez en faire un paquet géant de n³!
Et c'est tes rats, et c'est tes rats.
Par exemple, les shadoks comptent en base 4 (GA, BU, ZO, MEU) (logique, ils n'ont que 4 cases, donc c'est pas possible de compter autrement) :
Quand ils ont 4 shadoks, ils les mettent dans une poubelle, et ils disent qu'ils ont une (BU) poubelle, plus aucun (GA) shadock.
Puis quand ils ont 4 poubelles de 4 shadoks, ils mettent ces poubelles dans une grande poubelle, et ils ont BU (1) grande poubelle, plus GA (0) poubelle, plus GA (0) shadok tout seul.
Et c'est tes rats, et c'est tes rats.
(Merci au professeur Shadoko pour son aide aussi précieuse qu'efficace)
Et comme on a démontré (enfin, l'Helvète a démontré, nous nous sommes contentés de comprendre, ce qui est mieux)(enfin, le mieux, c'est évidemment de faire les deux. Mais ce blog n'est pas un livre de maths, niveau MPSI, et en plus, quitte à choisir entre comprendre et démontrer, mon âme de physiqueuse me dit qu'il faut comprendre. En plus, j'ai pas envie de manipuler le html pour les indices qui ne manqueront pas de traîner partout dans la récurrence. d'autant qu'il me semble bien qu'elle est double, la récurrence)(quoi, "je mets trop de parenthèses"?) qu'on pouvait le faire avec n'importe quel nombre, pourquoi s'en priver?
C'est tellement rigolo! (what do you mean by "non"?)
Par exemple, comment compter en base 10? Un indice: c'est la façon "normale" :op
Même principe
que pour les shadoks: on fait des paquets de 10, c'est-à-dire qu'on compte toutes les unités, puis toutes les
dixaines, les centaines, etc, suivant les puissances de 10.
Ce qui nous donne, par exemple :
42 = 2.100 + 4.101
2006 = 6.100 + 0.101 +0.102 + 2.103
C'est là qu'on peut se demander "ben oui, mais et les nombres plus petits que 1 alors? comment exprimer 3,1415926 en décimal?". Bon, déjà, la question est idiote: je viens de l'écrire, 3,1415926 en décimal ^^.
On a le droit de vouloir comprendre quand même :-)
Facile (oui tout est facile ici, c'est bien hein!) : on coupe une unité (ou une bille, ou un shadok, ou n'importe quoi) en 10 parts, puis, on refait pareil avec une de ces parts, puis on refait encore pareil, c'est encore tes rats, c'est tes rats (c'est dingue le nombre de rats dans cette note).
Donc, 3,141592, que nous arrondirons à 3,142 parce que je le vaux bien et que j'ai la flemme de tout taper à chaque fois (même si je le copie-colle, je vais pas me fatiguer à taper des chiffres non plus!), et qu'en plus ca procurera à l'Helvète un sentiment de triomphe et d'avoir toujours raison (comme si il n'en était pas assez convaincu comme ça).
Ben tout simplement, c'est 3.100+1.10-1+4.10-2+2.10-3.
Pour continuer en douceur, parlons de la base unaire...
C'est le système de numération le plus simple, qui consiste bêtement
à ajouter N fois un pour obtenir le nombre N, c'est à dire, par
exemple, de dessiner 3 bâtons (III) (ou de lever 3 doigts) pour figurer
le 3, et 5 bâtons (IIIII) pour le 5. Pas possible de les confondre (ou
si)(bon, c'est peut être possible, mais que quand on s'appelle Dory, alors!). L'inconvénient, c'est que pour compter, il faut toujours repartir
de un : on ne peut pas compter rapidement, et on doit toujours dire "un, deux, cinq trois" à chaque fois qu'on veut compter jusqu'à trois. Bon, pour 3 c'est pas gênant, mais pour 42, si. d'ailleurs je ne le ferai pas.
En gros, on écrit que 3=1+1+1, et que N= 1+1+1+....+1 (N fois, logiquement) ! Trop facile, pratique pour les petits nombres et quand on veut faire des additions/soustractions, complètement nul pour les grands nombres et pour les multiplications et divisions.
Ca peut paraître anecdotique, mais le système des chiffres
romains en est une variante, simplement on remplace les paquets de
bâtons par des V ou X ou C ou L ou M ou d'autres trucs que je ne
connais pas, pour prendre moins de place, et -- et c'est ça
l'originalité -- le système romain marche aussi en soustraction (IX <=> X - I
<=> 9), et pas seulement en addition (IIIII IIII)
Et après UN, qu'est ce qu'il y a? Eh oui, vous avez deviné, DEUX! (ceux qui ont dit "II" ont bien suivi, mais c'est pas de chance, c'était pas la bonne réponse, donc ils ne gagneront pas de niveau, et c'ets pas la peine de crier II toute la fin de la note, merci.) Quid donc de la base binaire? (oui cette intro est particulièrement pourrite, mais j'avais pas d'autre idée, donc, c'est comme ça, et puis c'est tout. C'est MON blog A MOI QUE J'AI, ici, ne l'oublions pas.)
Celle tant prisée par nos chers geeks adorés! (à ce propos, Feartanel m'a demandé de mettre ce lien, donc, ben, je le mets : lien. c'est un truc marrant pour traduire de l'alphabet normal en immonde salmigondis de 0 et de 1)
Donc, la base binaire présente la
caractéristique de s'écrire avec des 0 et des 1 exclusivement, ce qui
la rend paraît-il pratique à utiliser en info, vu que ça fait comme des tas de
petits condensateurs soit chargés (1) soit déchargés (0). Me demandez
pas pourquoi ni comment, mais c'est pratique*.
Donc, si vous avez suivi les cours du professeur Shadoko, vous savez qu'on va regrouper les nombres en paquets de deux, puis en paquets de paquets de 2, etc, etc.
Bon, mais c'est quand même pas
évident, quand on voit un nombre comme 42, de se dire "trop facile, c'est 101010, puisque c'est 1x2+1x8+1x32".
Dans le sens binaire->décimal, ça passe tout seul, au prix de quelques multiplications par 2, mais pas dans
l'autre! C'est le marrissement (en la grande quantité du très beaucoup).
Heureusement,
une fois de plus, je suis là pour vous sauver. Car il existe une
méthode relativement rapide et sans douleur pour cela : Il suffit de
savoir diviser par deux (et même moi, je sais diviser
par deux de tête, alors que je suis la fille la plus nulle en calcul
mental que vous puissiez trouver : je connais même pas mes tables de
multiplication. J'arrive à me débrouiller pour à peu près toutes
(jusque 10, hein), sauf sept et huit. berk.). Enfin bref, si vous savez diviser par deux, vous aussi vous aurez la joie de pouvoir écrire des nombres en binaire : le youpie en la grande quantité du très beaucoup, comme on dit chez moi.
On va donc se demander d'abord combien de
billes vont rester toute seules, en dehors de tout paquet, abandonnées.
Vu qu'on met les billes dans un paquet dès qu'on en a deux (puisqu'on
compte en base 2), il peut y avoir soit une, soit zéro bille : si le
nombre est un multiple de 2, aucune bille ne sera toute seule, et si le
nombre est impair, une bille sera toute seule. L'écriture de notre
nombre en base 2 se terminera donc dans le premier cas par un 0, et
dans le deuxième cas, par un 1.
Cela fait, on retranche de notre
nombre cette bille abandonné (ou cette absence de bille abandonnée), et
on se demande si un paquet de 2 billes va rester seul, ou pas. Là
encore, soit il y en a un, soit il y en a 0 : si le nombre de paquets
de 2 (c'est à dire la moitié du nombre de billes mis dans des paquets
c'ets à dire la moitié du nombre initial de billes moins la bille toute
seule éventuelle) est pair, ce sera 0, sinon, 1.
J'ai l'impression que vous ne suivez pas tout, je me trompe? Exemplification !
Supposons qu'on veuille écrire 42 en binaire; on veut donc décomposer 42 suivant les puissances de 2.
En 20 : 42 est pair, donc, on aura 0. De plus 42 : 2 = 21.
En 2¹ : 21 est impair, donc on aura un 1. De plus (21-1) : 2 = 10
En 2² : 10 est pair, donc, 0. 10 : 2 = 5
En 2³ : 5 est impair, donc 1. (5-1) : 2 = 2
En 24 : 2 est pair, donc 0. 2 : 2 = 1
En 25
: 1 est impair, donc 1. On arrive à un reste de 0 ((1-1) : 2): on a donc terminé. (on
peut toujours rajouter une infinité de 0 devant, mais ca n'a aucun
intérêt).
On a alors, en ordonnant de la plus grande à la plus petite puissance de 2 :
4210=1.25+0.24+1.23+0.22+1.21+0.20
C'est à dire :
4210 = 1010102
De la même façon, 102 correspondra à 210**, et
310 à 112.
Facile, mais pas très pratique quand même : n'importe
quel nombre un peu grand a une écriture très très très très longue en
binaire, donc, pour retenir un truc en binaire, comme par exemple la
référence d'une couleur pour faire des jolis trucs sur son bloug, ben,
il faut se lever tôt, et avoir une bonne mémoire des 0 et des 1. Donc,
on s'est dit qu'on allait regrouper les chiffres binaires par un
certain nombre, en général 3 ou 4, ce qui nous fait compter en base 8
ou 16 (23 et 24). D'où l'intérêt de l'hexadécimal...
L'hexadécimal, donc, comme son nom l'indique, c'est la base 16. Les "chiffres" seront donc 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, A, B, C, D, E, F. Et ça marche pareil que toutes les bases...
Avec quand même la particularité qui rend cette base intéressante : elle permet une conversion facile en binaire, puisque chaque "chiffre" correspond à 4 bits (chiffres binaires) : 0 correspond à la suite 0000, 1 à 0001, 2 à 0010, 3 à 0011, etc, etc jusque F, 1111.
Donc quand on veut retenir un nombre informatique facilement, comme, une couleur monstre stylée pour son bloug ou pour écrire en couleur sur JRRVF, on la traduit en hexa, c'est facile à retenir, et facile à traduire aussi puisqu'il suffit de compter jusque 16 en binaire - facile. ***
Et maintenant, c'est même le Nordi qui fait lui-même la conversion, sauf dans les exercices idiots mais rigolos d'info où on doit convertir à la main :-)
J'avais l'intention de parler aussi de comment calculer avec le binaire, mais cette note est déjà passablement longue et indigeste... Donc je vais arrêter là, et on verra pour le calcul plus tard, si ca vous tente!
*Je suppose qu'il doit y avoir des tas de condensateurs
dans un ordinateur. En même temps, ca m'étonneraît que les ordinateurs
actuels marchent encore par circuitisation de condensateurs. La
notation est peut être une survivance des vieux, vieux ordinateurs
préhistoriques qui datent du temps où Cléopâtre mangeait du T-rex dans
son bain au lait d'ânesse, ou alors c'es tpeut être encore vraiment
utile, je ne sais pas. Si un pro de l'électronico-informatique passe
par là, qu'il nous apprenne des trucs.
**ce qui nous permet de comprendre cette blague, geek au possible
"there are 10 sorts of people : those who understand binary, and those
who don't" (je vous le fais sans l'accent). hihihi :-D
*** Là, je sais pas si ca se voit, mais je parle d'un truc que je connais absolument pas du tout. Donc contredisez-moi, merci.
mercredi 21 décembre
Spectrophotométrie - Le retour de la suite
Je vous ai raconté il n'y a pas longtemps qu'on pouvait grâce à un spectrophotomètre mesurer la quantité et la qualité (c'est à dire, la longueur d'onde) de la lumière qui arrive sur un capteur.
Je vous avais même dit que ces mesures pouvaient servir à des tas de choses ; en particulier, on peut s'en servir pour déterminer la concentration d'une solution : la preuve maintenant, hop, soyons des oufs-guedins de la laïfe. Ca part, comme on dit.
Supposons que, pour des raisons connues de vous seul*, vous disposiez d'une solution de permanganate de potassium dont vous ignorez la concentration. Vous pouvez en observer la jolie couleur violette-rose, plus ou moins foncée, mais c'est tout.
Bon ; un truc qui paraît assez simple, c'est que plus on mettra de permanganate dans l'eau de la solution, plus celle-ci va être foncée; si on fait une échelle de solutions de différentes concentrations, on n'aura qu'à trouver celle qui a la couleur la plus proche de celle qu'on voudrait doser, et hop! on aura notre concentration!
Bon, le problème, c'est que nos petits yeux sont finalement pas très
sensibles aux couleurs, et que la luminosité, l'éblouissement, ou
simplement des différences de perceptions des couleurs (si
votre petit frère adoré est, en plus d'être eczémateux, daltonien,
faites-lui faire ce genre d'expérience** (rapprocher la solution
inconnue de la solution connue qui ressemble le plus), vous allez voir,
c'est tordant***), bref tout un tas de facteurs ennuyeux vont
nous empêcher de faire ça bien, et puis en plus, c'est quand même pas
bien précis, tout ça****.
Donc, pour préciser le truc, lui donner un semblant d'apparence de rigueur scientifique, utiliser le budget du labo (autrement que dans l'achat d'une n-ième machine qui fait "ping" *****), donner à cette note un rapport avec son titre, et surtout faire intervenir des nombres, on va utiliser un spectrophotomètre! (youhou)
Et là où ca va devenir stylé, c'est que je vais pouvoir enfin vous parler de mon TP oùsque j'ai compris des trucs, vu que le TP en question, c'était exactement ça : déterminer la concentration d'une solution de permanganate de potassium avec un spectrophotomètre. La classe, hein.
L'appareil que j'ai utilisé fonctionnait d'une façon tout à fait hallucinamment simple : en fait, il disposait d'un moyen de régler la longueur d'onde, d'un dispositif qui envoyait un rayon de la longueur d'onde choisie, d'un endroit où mettre une cuve de solution, et d'un capteur qui récupérait l'intensité lumineuse à l'autre bout.
Normalement, si vous êtes un minimum curieux, c'est là que vous vous exclamez : "Eh! Mais pourquoi diable la flèche qui sort de la cuve est-elle plus fine que celle qui y entre?!?"
Je vous réponds : "Parce qu'en passant dans la cuve, le rayon perd de son intensité : il y a de la lumière qui est absorbée..."
Si
vous n'êtes pas si curieux que ça en fin de compte, vous vous taisez.
Vous pouvez aussi en profiter pour fermer votre navigateur web et aller
méditer sur le fait que la curiosité est un vilain défaut******.
Si vous êtes curieux, vous me re-répondez : "Mais pourquoi elle est absorbée, la lumière?"
Là, je souris, parce que c'est quand même monstre stylé, comme question. (non, je n'essaye pas d'éluder la réponse, ca fait quand même la deuxième note que je fais pour l'introduire, alors hein!).
Vous n'êtes pas sans savoir que la lumière peut être considérée comme un ensemble de photons, particules sans masse d'énergie h.ν, où h est la constante de Planck et ν la fréquence de l'onde associée.
Ce que vous ignorez probablement, en revanche, c'est qu'un atome est constitué d'un noyau, et d'électrons. Les électrons sont ordonnés suivant différentes couches, en fonction de leur niveau d'énergie. Les électrons "au repos" sont dits "dans leur état fondamental", et quand on excite un électron (en le chauffant par exemple, ou en le bombardant avec des rayonnements divers), il peut "sauter" d'un niveau d'énergie à un autre. Ces niveaux d'énergie sont quantifiés (c'est d'ailleurs de là que vient le nom de la physique quantique!) c'est-à-dire qu'on est obligé de "sauter" d'un niveau à l'autre (un peu comme les barreaux d'une échelle : on est obligés de se placer sur un barreau, et pas entre deux).
Supposons donc qu'un photon, par exemple issu de la source lumineuse du spectrophotomètre, arrive sur un atome, et frappe un électron "au repos".
Il va communiquer à cet électron son énergie, et être absorbé ; et si l'énergie est suffisante, l'électron pourra s'exciter, c'est-à-dire monter d'un niveau sur l'échelle des énergies.
Comme
sa position ne sera plus stable, il ne pourra rester que très peu de
temps dans cet état (environ 10-12 s.), et retombera très vite dans son
niveau fondamental (au repos). Émettant du même coup un photon, d'énergie la différence d'énergie entre le niveau excité et le niveau fondamental, c'est à dire... h.ν.
Donc, il ré-émet en quelque sorte le photon absorbé juste avant.
Là, si vous avez deux sous de jugeote, vous devez vous dire "Mais elle buggue complètement là, on lui demande comment ca se fait que la lumière est absorbée, et elle nous montre qu'elle est absorbée et aussitôt réémise! "
Oui, mais...
Mais le photon émis est émis dans une direction aléatoire de l'espace (et plus seulement dans la direction d'incidence). Donc la portion de rayons renvoyés dans la direction du capteur est petite, voire même... négligeable!
Donc, pour simplifier, seuls les photons n'ayant rencontré aucun électron arriveront jusqu'au capteur...
Et bien évidemment, plus il y aura
d'atomes (ou de molécules) disposés à absorber la radiation qu'on
envoie, plus il y aura de chances qu'un photon rencontre l'électron de
ses rêves, et se retrouve dans une direction aléatoire, plutôt que dans
notre capteur. Donc, plus la concentration est élevée, plus la solution
absorbe... moins l'intensité mesurée par le capteur est importante.
Et toc.
Concrètement, pour déterminer la concentration de notre solution, on va mesurer l'absorbance (c'est à dire la quantité de lumière absorbée) d'un certain nombre de solutions-étalons dont on connaîtra les concentrations, puis on tracera une courbe sur papier millimétré : la concentration en fonction de l'absorbance. Ensuite, on mesure l'absorbance de notre solution-mystère, et PAF! on aura sa concentration.
Magique, hein!
(ou pas.)
* Peut-être
avez-vous un petit frère (ou deux) à l'excéma atopique particulièrement
virulent, et qui doit donc prendre des bains de permanganate régulièrement, ou peut-être
l'avez-vous volé dans l'armoire personnelle de Snape / Rogue, ou
peut-être êtes-vous en plein TP de chimie, ou peut-être qu'un nain
unijambiste vous en a apporté une nuit de pleine lune, avec une
statuette enveloppée dans du jambon de Bayonne. Je ne veux pas le
savoir de toutes façons, l'important, c'est que vous disposiez (ou pas)
d'une solution de permanganate de potassium (KMnO4).
** Il est arrivé quand même qu'un magnifique spécimen de ma collection de petits
frères adorés à moi que j'aime par dessus tout débarque dans ma chambre où je travaillais sérieusement
(riez pas, c'était à l'époque où j'étais
encore en prépa, et donc je savais encore comment on faisait ça), tout
essoufflé d'avoir monté les escaliers, pour me montrer une boîte de
crayons de couleurs "qu'il avait rangé comme un arc en ciel". Inutile
de dire que les crayons étaient dans le désordre le plus absolu.
*** Je précise quand même que cette anecdote n'a pas pour but de se moquer des daltoniens, (je serai mal placée, moi, Super-Biglouche,
pour me moquer de gens qui voient pas bien...) mais de mettre en
évidence le fait que la vision des couleurs est hautement variable suivant les individus
(même en dehors de cas extrêmes comme le daltonisme), et que donc, on ne peut pas fonder une mesure physique dessus (même pas une mesure chimique, c'est dire).
A noter que comme il est ici question de variation de saturation, et non de
teinte, peut être que justement un œil daltonien y serait plus
sensible qu'un oeil "normal", parce que plus entraîné. Ca serait à
tester, ça ^^.
**** Et puis surtout, ca ne fait intervenir aucun nombre, donc, c'est pas marrant.
***** cette phrase contient une référence culturelle habilement dissimulée, sauras-tu la retrouver?
****** La curiosité est un très beau
défaut, je vous ferai dire. C'est mon avis, et je le partage
totalement. Je suis en revanche en total désaccord avec tous ceux qui
disent le contraire, l'inverse ou l'opposé.
Petite annonce de bas de note:
Je rentre chez moi tout à l'heure, pour repartir aussitôt chez mes
mamies pour fêter tous ensemble le Noyël. Donc, je n'ai aucune idée de quand, ni comment,
je serai à nouveau connectée.
Probablement demain, puisque je serai
chez mes parents à ce moment-là, mais probablement assez peu
disponible, parce que... je serai chez mes parents avec mes petits frères
à ce moment-là ! Et que nous avons tous les quatres beaucoup de câlins
et de chatouillis, de blagues de toto et de parties de memory, de
gâteaux à faire et de saladiers à lècher en retard...
Alors au cas où, je vous souhaite, en plus d'un joyeux solstice d'hiver, un Joyeux Noyël, et de bonnes vacances (pour ceux qui en ont... hinhinhin) , et faites des bisous aux gens que vous aimez, sinon, c'est pas drôle!
mercredi 07 décembre
Spectrophotométrie
Parce que même à Centrale, des fois, on bosse et on apprend des trucs intéressants*, surtout en TP et en TD en fait.
Et parce qu'il y a quelques semaines, on a appris un truc qui est quand même le monstre stylé (en fait c'est un truc que j'avais déjà utilisé au lycée, et déjà étudié en prépa, mais je l'ai subitement compris dans le labo, là, et ce fut la Révélation.) Donc, ben, comme je suis sympa (et que j'ai envie de voir si je suis capable d'expliquer simplement des trucs pas évidents quand même), je vous en fais profiter.
Ce texte n'est pas destiné à des gens ultra-scientifiques, qui
normalement savent déjà tout ça. Ils peuvent le lire et même le trouver
intéressant, mais l'objectif était d'aborder avec des non-scientifiques
des trucs assez pointus quand même!
Bon par contre comme c'est un
truc assez compliqué, j'ai essayé d'être très claire dans mes
explications, mais il y a des chances pour que plein de points restent
obscurs. N'hésitez pas à poser des questions, je répondrai avec plaisir si je sais, et je vous dirais avec moins de plaisir que je ne sais pas si je ne sais pas. (ce qui ne m'empêchera pas de faire des recherches pour savoir)
J'ai
essayé aussi de limiter le "jargon", ou plutôt de l'expliquer au fur et
à mesure, mais pareil, posez-moi des questions, j'aime ça!
Il y aura plusieurs étapes, parce que tout expliquer d'un coup serait à la fois très pénible et long pour moi, et très indigest pour les lecteurs qui voudront bien se donner la peine de lire ;-)
Comme le titre de la note l'indique, la première étape, c'est le principe de la spectrophotométrie. Je me doute bien que personne ne sait ce que c'est que cette bête-là, c'est pour ça que je vais expliquer ;-).
La spectrophotométrie, cékoidonk?
Comme d'habitude en cas de mot long, obscur et inconnu, tournons-nous vers l'étymologie pour commencer. Dans ce cas précis, et puisque je n'ai pas fait de grec ancien, moi, mais seulement du latin (ce qui veut dire que je manie très bien le Gaffiot et l'Abrégé de grammaire latine), tournons-nous vers le linguiste (mais non pas chiant ;-) ) le plus proche, qui nous apprend que spectr- vient du latin spectrum, qui vient du grec ancien spectros (ou pas), ce qui signifie apparence. Photo-, on sait (enfin moi je sais), ca veut dire lumière (d'où les photons, petits "grains" de lumière dont on parlera plus loin), et métrie veut dire mesure, je sais plus si c'est en grec en latin, mais dans un truc du genre en tous cas.
La spectrophotométrie serait donc l'étude (ou la mesure) de l'apparence de la lumière**.
Ou alors (oui c'est chouette de toujours avoir plusieurs théories dans ce genre de situations, comme ca s'il y en a une qui foire, ben, voilà quoi), c'est de la photométrie spectrale, donc l'étude de la lumière par son spectre, ce qui revient globalement au même.
Mouarf. C'est pas beaucoup plus clair, là, si?
Alors en fait, la spectrophotométrie, c'est l'étude quantitative du spectre électromagnétique, qui contient tout un tas d'ondes sympa, comme les rayons X, les infra-rouges (IR) ou la lumière visible, par exemple, toutes bien rangées par longueur d'onde, ou plutôt, si on préfère, par énergie.
Pour comprendre ça, il faut savoir que la lumière peut être considérée à la fois comme une onde électromagnétique, (c'est à dire un champ à la fois électrique et magnétique qui varie, en faisant des "vaguelettes", un peu comme la surface de l'eau quand on y a jeté un caillou), et (et c'est cette approche qu'on va choisir ici) comme un ensemble de particules tellement petites qu'elles n'ont même pas de masse, appelées photons (je vous avais bien dit qu'on en parlerait).
Ces photons portent avec eux une certaine quantité d'énergie, et c'est cette quantité d'énergie qui détermine la couleur du rayon lumineux ( mais ça marche aussi avec les rayons, infra-rouge, ou les rayons X, ou ultra-violets). (l'énergie du photon est proportionnelle à la fréquence de l'onde associée, et à l'inverse de la longueur d'onde de cette onde, justement. Je dis ça, parce qu'on parle en général en longueurs d'onde pour parler de couleur, juste pour rendre tout ça un peu plus compliqué.*** )

(les chiffres, là, c'est des longueurs d'onde (en nm). le rouge est moins énergétique que le violet)
La spectrophotométrie va nous permettre (entre autres applications)
d'étudier de façon quantitative la couleur de certains objets. De façon
quantitative, c'est à dire qu'on ne dira pas "c'est un vert un peu
jaune, tu vois, genre citron pas encore mur mais presque, tu sais, la
couleur du mur du fond à la mairie de là on j'habitais avant... mais
si, tu sais bien, là où il y avait l'affiche avec l'otarie, et...",
mais "une longueur d'onde de 550 à 570 nm".
c'est quand même plus clair****. Et puis, ça fait plus scientifique,
quand même. Et surtout, ça va permettre de faire des mesures, ce qui
est toujours apprécié par les scientifiques, et qui est un peu utile,
des fois.
On verra pour quoi bientôt, si Dieu et moi le voulons simultanément.
*intéressant, adj : Que je trouve digne d'intérêt.
**Analyse
étymologique réalisée par moi-même, qui ai vaguement compris le
principe du truc, mais qui n'ai fait *que* 6 ans de gaffiotage même pas
intensif, et un Helvète linguiste à ses heures qui n'a jamais fait de
spectrophotométrie, justement.
Si vous êtes un spécialiste de
l'étymologie ou de la spectrophotométrie, ne vous privez pas de me
lancer des cailloux, mais expliquez-moi avant, merci.
***un vrai scientifique se doit d'être
incompréhensible pour le commun des
mortels, sinon il n'y a pas de challenge pour les profs après. Et puis
ca lui permet de rivaliser avec la plupart des linguistes chiants. La
plupart, parce que certains linguistes particulièrement vicieux et
énervants ont une formation scientifique, et sont donc aussi au fait
que les scientifiques des trucs scientifiques, mais en plus ils savent
des trucs de linguiste. Monde cruel.
****Transformer une couleur en numéro, quoi de plus excitant? Dire "ma couleur préférée a une longueur d'onde de 473nm", c'est plus classe que de dire "j'aime bien le bleu". En tous cas, un certain nombre de personnes peu recommandables le pensent. On peut aussi se contenter de penser que c'ets moche, mais que ca permet de faire des mesures, donc c'est utile.
vendredi 25 novembre
La méca flux et Murphy dans ta face
Aujourd'hui en méca flux, j'ai appris un truc intéressant (si, si).
Je sais maintenant que la méca flux, ou méca flotte comme
l'ont amicalement surnommée nos amis les Centraliens de Lyon, n'était
autre que l'alliée perfide du non moins perfide Murphy (et non, pas
Albion, je sais, vous êtes déçus, mais quand même).
Oui,
mesdames-z-et messieurs, la Méca Flotte et Murphy se sont une fois de
plus liguées pour comploter, et le complot qui sortit de ce complotage
est ma chiavélique, oui, la mienne à moi, mais la tienne à toi aussi,
Public, car toi aussi, tu le vaux bien.
Aujourd'hui je sais pourquoi le rideau de douche tout froid et mouillé (et visqueux) s'obstine à se coller à vous juste au moment où vous étiez en train de vous réchauffer avec de l'eau chaude.
Ce n'est pas par amour pour vous, désolée.
C'est un complot.
J'explique.
Supposons une pièce avec une douche munie d'un rideau de douche et
d'une charmante personne (de préférence nue) en train de se doucher
dedans. (pas dans le rideau, dans la douche).
Autrement dit,
considérons le système formé de votre salle de bains à vous que vous
avez, de vous tout(e) nu(e) en train d'essayer de goûter la quiétude de
ce moment de sérénité et de béatitude, ou plus prosaïquement en train
de vous laver, et de votre rideau de douche adoré, qui, s'il permet de
ne pas en mettre partout dans la salle de bains citée plus haut, est
aussi froid, mouillé, et de texture excessivement désagréable.
Vous vous douchez donc sereinement, avec de l'eau bien chaude parce qu'il fait froid et zut, alors, quand soudain...
Soudain, il advient que l'eau sortant de votre douchette forme un écoulement.
Rien
que de très normal, après tout, la fonction première d'une douchette
n'est-elle pas de permettre l'écoulement de l'eau en un jet plus ou
moins aéré, de façon à pouvoir se mouiller facilement?
Certes.
Cependant, à cause de Murphy et d'un phénomène fort contrariant, appelé adhérence, cet écoulement d'eau tiède et bienfaisante cause un écoulement d'air tout autour, écoulement d'air qui lui cause la baisse de la pression autour de la douchette! Donc de vous, si vous êtes à côté de la douchette!
Et si la pression baisse dans la douche, elle reste la même à l'extérieur! Donc la pression plus grande en dehors de la douche pousse le rideau vers l'intérieur de la douche! Oui, ce rideau-là qui est tout froid et tout mouillé et au toucher tellement désagréable (et froid) (et mouillé) (mais surtout désagréable).
Et qui y a-t-il, dans la douche?
Vous.
Vous, avec un rideau de douche froid et mouillé collé à la peau.
Je vous l'avais bien dit que Murphy était notre chiavélique à tous.
lundi 22 août
Möbius
J'aimerais vous parler de Möbius, pas celui de la bédé (qui fait seulement semblant de s'appeler Möbius, puisque son vrai nom, c'est Jean Giraud...), mais August Ferdinand Möbius (7 novembre 1790 - 26 septembre 1868 à Leipzig ), qui était un matheux (et un peu physicien aussi...) allemand, et dont l'intérêt principal réside dans son invention la plus rigolote : le ruban de Möbius.
Ce truc là est très marrant, puisque très facile à faire et tout à
fait intéressant : réalisé à partir d'une feuille banale de papier
banal (vous pouvez aussi en faire un en papier extraordinaire, mais
c'ets plus cher), ce ruban magique n'a qu'une seule face (ce qui embête un peu les matheux, parce que sa surface n'est pas orientable du coup)(ce qui permet de faire des tas de trucs marrants et topologiques) ... Alors que la feuille de papier en avait deux (enfin je crois)(sauf feuille très, très extraordinaire).
Avec un tout petit bout de scotch, vous avez enlevé une face à votre feuille (ou à votre slip, c'est comme on veut)!
(l'avantage de ce slip c'est que même en étant distrait, on ne peut pas le mettre à l'envers... il n'y a pas d'envers!)
Comme je suis sympa, je vous explique comment on réalise ce sympathique truc (pas le slip, le ruban).
Il vous faut une bande du papier le plus banal que vous ayez, d'environ 5 cm par 29,7 cm, par exemple, et un bout de scotch d'environ 5 cm.
Vous attrapez votre bande de papier, la tordez une fois et attachez les deux bouts avec le scotch.
C'est fini.
Vous pouvez maintenant vous amuser avec votre ruban... et constater qu'effectivement, il n'y a qu'une face !
Vous pouvez aussi faire de l'Oulipo avec.
Cékoidonc l'Oulipo?
L'oulipo c'est l'OUvroir de LIttérature POtentielle, et ça consiste en
gros à écrire un texte en s'imposant une contrainte précise ; par
exemple ne pas utiliser de E (Lipogramme en E, par exemple La Disparition de Perec), ou au contraire de n'utiliser que cette voyelle (Les Revenentes, du même), ou encore d'ecrire la même histoire de 99 façons différentes ( Exercices de Style, de Queneau)... Un genre tout à fait à part, et des performances tout à fait impressionnantes (La disparition en particulier est un véritable chef d'oeuvre!), mais ce qui est encore plus amusant c'est quand même de s'y essayer !
On peut par exemple utiliser les rubans de Möbius pour s'amuser à "coder" des poèmes...
J'explique.
Copiez sur un côté de votre ruban (pas encore assemblé) les vers suivants :
Il faut faire ici bas
le devoir sans faux-pas
subsister sans folie
est le but de ma vie.
Retournez (verticalement) le ruban, et copiez la suite de ce sympathique poème :
l'amour, toujours l'amour,
est d'un faible secours.
La pire absurdité :
chercher la volupté.
Fermez maintenant le ruban de Möbius comme tout à l'heure.
Trouvez le début du poème, et lisez le en suivant le ruban...
Vous lisez
"Il faut faire ici bas, l'amour, toujours l'amour,
le devoir, sans faux pas, est d'un faible secours.
La pire absurdité : subsister sans folie
chercher la volupté est le but de ma vie."
Rigolo, non? ;o)
(le poème n'est pas de moi, je l'ai trouvé là)
dimanche 10 juillet
La première chronique interactive du Dahal !
Oui, alors le titre, c'est celui que le Dahal a dit, hein.
Comme
je suis sympa, j'explique: Cette chronique est interactive parce que
quand vous cliquerez sur les numéros des mouvements, paf !
vous pourrez
entendre le mouvement qui va avec (avec RealPlayer. Si vous n'avez pas
RealPlayer, vous pouvez le télécharger gratuitement en cliquant sur ce
gros ¤ : ¤ . En plus, ça marche pour Mac et pour PC. Que demander de plus ?!? ), et en plus les commentaires sont
minutés pour pouvoir voir à quoi ça correspond. C'est trop bien.
"Aujourd’hui, chers lectrices et lecteurs, je vous convie à
un voyage dans l’univers de Gustav Mahler, au travers de sa Première Symphonie en ré majeur, sous-titrée... TITAN.
Gustav Mahler c’est lui.
Sa première symphonie date de 1888 (date de fin de la composition)
La symphonie est construite en quatre mouvements. Dans la structure générale de la symphonie, il faut noter l’emploi d’un orchestre très large pour l’époque, mais une structure assez classique quatre mouvements. La symphonie est construite comme une lente gradation vers l’accomplissement final, comme ce sera le cas chez Mahler pour ses 3 premières symphonies au moins. Le terme maître pour cette symphonie est le mot « contrastes ». Tout est en contraste, à toutes les échelles possibles. Je vous propose d’écouter cette symphonie mouvement par mouvement avec les commentaires minutés, avec l’interprétation assez réussie du BBC Philarmonic.
0’00 : Sur une longue tenue de cordes, un motif naît peu à peu aux bois : fantastique et mystique entrée en matière ! Colorée par quelques motifs (fanfares aux clarinettes et aux cuivres…), le motif reprend, la longue tenue de corde semble figée. Quelques motifs d’oiseaux, puis une phrase aux cors d’une grande beauté (la tenue de cordes est toujours là). Le motif initial circule un peu partout dans l’orchestre (moment magique), puis quelques notes perchées à la clarinette préparent le second thème.
3’46 : Le deuxième thème énoncé aux violoncelles est ensuite repris par différents pupitres soutenu par des pizzicati des cordes, qui donnent une impression de vie et d’animation joyeuse et sereine s ‘opposant à la staticité de l’introduction. Remarquons que les motifs d’oiseaux sont toujours là !
5’12 : L’orchestre devient plus animé pour claironner le second thème cette fois ci aux cuivres, les motifs de violons en contrepoint Mais tout se calme rapidement.
5’48 : Mahler effectue une transition par un passage plus calme et méditatif, le flûte énonçant lentement le motif déjà énoncé par les violons juste avant dans l’épisode « agité ». Quelques motifs d’oiseaux. Et tout ceci pour ramener, imperceptiblement, vers le climat même de l’introduction, rendu alors plus inquiétant grâce aux pizzicati des contrebasses et au tuba. Une mélodie méditative et triste semble s’élever des profondeurs de l’orchestre. On retrouve le « premier motif », du tout début. Tout semble là encore figé, même les chants d’oiseaux, quand soudain….
8’15 : sur des trémolos de cordes dans l’aigu, un nouveau motif fait son entrée, un motif joyeux énoncé par les cors. Il ramène doucement vers le climat de la « seconde section ». L’orchestre n’a pas encore énoncé ce second motif et pourtant on l’attend. On en a bien quelques bouts ici ou là. Mais il n’a pas été encore énoncé, en entier… Le climat est joyeux, quelques modulations rafraîchissent le discours. Puis…
10’14 : sans changer radicalement de climat pour l’instant, Mahler énonce un motif en mineur auquel il faut prêter la plus grande attention, car il réapparaîtra dans le 4ème mouvement. Il est assez insaisissable car il circule entre les pupitres. Puis le climat se tend, le tempo se ralentit et les trompettes énoncent, fortissimo, le motif de fanfare déjà énoncé par les clarinettes au début de l’œuvre. Puis le climat se tend encore plus (10’45) (cordes dans l’aigu, dissonances) On sent que ça va péter…… et…..
11’17 : Ca pète effectivement ! C’est le climax de ce premier mouvement : les brillantes fanfares amènent, aux trombones, le motif des cors. Puis, Mahler recule pour mieux sauter, en calmant l’orchestre puis, toujours dans le climat festif du 2ème thème, termine le mouvement dans l’exubérance et la plénitude orchestrale. Et remarquez l’astuce à la toute fin (12’47) : le chant d’oiseau que l’on a entendu dans tout le mouvement est devenu… un furieux martèlement de timbale !!!
0’00 : C’est dans le climat festif des Ländler (danse populaire allemande) que Mahler installe son deuxième mouvement. Sur de solides assises des basses, le motif principal est énoncé aux cordes, agrémenté de quelques ajouts aux vents. Quelle assise rythmique ! Cette pulsation puissante, profonde ne sembla pas vouloir quitter ce morceau plein d’énergie. (Quoi qu’un peu lente à mon goût dans cette interprétation...)
1’40 : Sans changer de climat, Mahler introduit des variations sur ce thème, très modulantes, et remarquablement orchestrées.
2’07 : Un nouveau thème explose à l’orchestre. Une transition superbe et puissante, puis à 2’32, Mahler superpose les deux thèmes ! (1er thème au cor, deuxième aux violons). Puis tout se calme, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une pulsation des basses.
3’04 : Le premier thème réapparaît, timidement, aux bois, l’atmosphère est plus renfermée…. Mais tout est arrangé à 3’19, puisque le tempo accélère et c’est un orchestre brillant à souhait qui énonce le thème principal. La modulation grandiose de 3’28 introduit la coda. Ecoutez la couleur de l’orchestre à 3’44 : prodigieux !!!
3’54 : C’est le « trio » qui débute alors. Dans un climat beaucoup plus calme, la transition est effectuée par un cor seul… Puis le rythme de valse, beaucoup plus lent que dans la première partie du mouvement, prend son envol. Ce qu’il faut admirer ici, c’est les dialogues instrumentaux. Les instruments se parlent, se répondent. Ce climat de valse va perdurer avec échanges incessants qui donnent de la vie à ce mouvement tout simple en apparence.
7’01 : C’est le cor seul, à nouveau, qui effectue le retour à la première partie, et de quelle façon : il anticipe le rythme à venir. Puis le mouvement un peu écourté par rapport à sa première exposition est repris, avec quelques variantes instrumentales.
0’00 : Sur un doux balancement de timbales, un violoncelle solo énonce un thème…. Mais attendez, c’est le célèbre canon de Frère Jacques ! Il est en mineur ici. Et sur ce doux balancement des timbales, qui ne cessera pas avant la section suivante, le canon se développe doucement, puis retourne au silence d’où il était venu.
2’36 : Ce sont les hautbois qui introduisent la section suivante. Le climat change, la musique se fait plus sensuelle, plus "aguicheuse", mais toujours dans le tempo initial.
3’06 : Mahler introduit alors délibérément la musique populaire dans sa symphonie, à travers cette évocation de musique juive.
3’28 : Quelle émotion peut contenir la musique populaire ! Ce chant de violon, contre-pointé par les trompettes, est tout à fait mélancolique. On reste dans de domaine « populaire » jusqu’à ce que, à 4’13 retentisse les appels de timbales du début. L’épisode orchestral qui suit est sublime et Frère Jacques est ramené avec une habileté maîtresse. La transition qui suit se fait tout en douceur.
5’39 : La nouvelle mélodie se développe d’allure pastorale, est elle aussi très mélancolique et remarquablement orchestrée : écoutez l’utilisation de chaque pupitre, tout le monde dialogue de concert dans la sérénité, jusqu’à ce qu’imperceptiblement, un climat nettement plus sinistre s’installe avec de sourd et puissants appels de grosse caisse, et de timides appels de flûtes…
7’26 : Après un silence, c’est frère jacques qui redémarre, dans un climat plus sombre et profond qu’au début. A 8’06, une nouvelle mélodie fait son entrée et se superpose à Frère Jacques… quelle habileté !
8’32 : Sans prévenir, Mahler passe directement au climat « musique juive » dont il se sert comme d’une transition….
8’51 : …avant que ne réapparaisse Frère Jacques, agrémenté de quelques couleurs juives !!!
9’09 : Puis c’est avec Frère Jacques que Mahler conclut son mouvement, comme il l’avait commencé. C’est un retour au silence progressif, magistralement agencé. Toujours ce balancement obsessionnel des timbales…. Un basson seul, puis une clarinette, et enfin 2 pizzicati des cordes graves qui concluent le mouvement.
Génial Mouvement ! Bâti sur une triple ascension, on assiste pour la première fois dans la symphonie à un déferlement de violence orchestrale qui a valu à Mahler de nombreuses caricatures, dont celle ci :
0’00 : les trois premières secondes !!! Elles justifient à elles seules la caricature… L’accord de trompettes bouchées donnerait des frissons à un mort ! Une introduction d’une violence inhumaine (les cordes sont phénoménales). On y voit apparaître la plupart des motifs du mouvement, particulièrement ces 4 notes descendantes aux cuivres que l’on retrouve partout (à 0’40).
1ère ascension :
1’02 : Le premier thème du mouvement est énoncé. Très rythmique et robuste, il est énoncé une deuxième fois plus fort à 1’23 (trompettes).
1’36 : Dans un tempo plus lent, voici le motif que l’on trouvait déjà dans le 1er mouvement, écrit en canon d’une remarquable aisance. A 1’51 Le premier thème est repris, cette fois aux trombones.
2’02 : Ce passage est d’une plénitude et d’une densité d’orchestre confondante (les cordes, frénétiques sous les cuivres et les timbales, renforcent l'impression de puissance). Il s’agit d’une transition….
2’26 : …menant à la deuxième partie du motif ascendant que l’on trouvait déjà dans le premier mouvement, aux trombones.
2’43 : Une transition dramatique à souhait ! Amenée par de puissants effets d’orchestre (crescendo violents), elle est construite comme une succession de sursauts, des spasmes, ponctués de coups de grosse caisse, jusqu’à ce que tout se calme, et se ramène à un climat proche de la mort, comme si le personnage décrit musicalement ne bougeait plus.
3’32 : Un peu comme dans un rêve, un épisode beaucoup plus calme s’installe maintenant. Une longue mélodie aux cordes. Le génie de Mahler pour écrire une mélodie d’une beauté confondante éclate ici, et sera confirmé dans toutes ses symphonies ultérieures… Les cordes s’épanouissent ici, se passionnant de plus en plus. A 5’11, noter la coda des violoncelles : « gorgeous ! » diraient les Anglais ! Tout se calme alors, puis à 5’34, le climat devient plus mélancolique, comme si ce merveilleux rêve touchait à sa fin et retournait au silence…
6’20 : puis brusque changement de climat. Oh, presque rien mais ces cordes graves chromatiques font vite comprendre que l’on est plus dans un rêve… A la clarinette : le premier motif de la symphonie ! A retenir, il sera utilisé plus tard… Quelques motifs circulent, un peu comme des fantômes…
2ème ascension :
6’45 : Et c’est reparti ! Dans un climat encore plus âpre que dans la « première ascension », les percussions sont renforcées par un Tam-tam (gros gong). Les dissonances sont plus criantes, le très bref passage à 7’12 est presque atonal !
7’24 : Curieux changement de climat ! Cela devient d’un seul coup plus badin, plus « facile ». A 7’31 : Ecoutez bien ce timide thème à la trompette ! Il reviendra plus loin aussi…
7’54 : C’est dans le climat du début du mouvement que l’on retourne, mais curieusement plus « dansant »… A 8’23, c’est textuellement que l’on retrouve le début de la symphonie, avec le premier thème… Mais….
8’52 : Le revoilà, ce thème de tout à l’heure, alors que tout l’orchestre le magnifie cette fois, grâce à un rythme presque implacable des timbales (9’08). Mais tout semble se calmer : l’apothéose n’est pas pour tout de suite. A 9’19, écoutez bien la phrase jouée par les cors : elle ne vous rappelle rien ? Même pas les 4 premières notes ? Bon, on en reparlera… En tout cas cette séquence joueuse semble vouée à l’échec. A partir de 9’45, tout semble se dégonfler…
3ème ascension :
10’10 : Les lumières d’il y a une minute se sont toutes éteintes. A la place s’est installé la nuit noire qui régnait au tout début de la symphonie, avec le premier thème au violon, les fanfares au lointain, les motifs d’oiseaux (moment magique à 10’40).
10’59 : Les violoncelles entament alors une ébauche de mélodie, dans un climat de résignation et de doute, sur une note tenue des contrebasses.
11’39 : Une lente montée aux bassons amène… à 12’01, on retrouve le deuxième thème du premier mouvement (au basson) ! Génial « retour » aux sources, sorte de repos régénérateur empli de souvenirs, indispensable pour concrétiser la victoire finale. Le repos continue avec une longue mélodie reposée aux violoncelles (12’16) (observer le contrepoint des violons). Le hautbois prend le relais à 13’12, suspend sa superbe phrase et… à 13’24, Mahler gonfle les voiles, les cordes entament une superbe montée expressive, magnifiée par tout l’orchestre. Expression parfaite du romantisme Mahlérien, cette phrase se repose après un bref climax.
14’12 : Soudain, le repos se termine par quelques appels bref des alti… et à 14’25 la marche reprend. C’est le premier thème murmuré par les cordes et mélangé dans un contrepoint assez dense. Le climat est tendu, anxieux. Le thème est énoncé par la clarinette à 14’55, toujours dans ce climat lourd.
15’08 : Et revoilà ce fameux thème que l’on retrouve plusieurs fois dans la symphonie. On comprend l’intérêt de l’avoir introduit dès le premier mouvement : Mahler voulait préparer l’auditeur au climax de la symphonie, tant on sait que, si ce thème est par ici, c’est que la victoire n’est pas loin ! Effectivement comme dans le premier mouvement, le climat se tend, le tempo se ralentit… (15’24) on sent, on sait que c’est presque la fin du combat…
16’10 : Et Mahler ne nous déçoit pas ! Après une fanfare éblouissante à l’orchestre, on assiste à l’exposition du thème déjà entendu dans le mouvement, projeté dans la lumière (16’23). Le punch de 16’35 marque la victoire définitive : les trompettes clament fortissimo le thème de la victoire tandis que les cordes illuminent l’orchestre de leurs archets. C’est alors que, à 16’51, les trombones énoncent le fameux thème dont je vous ai parlé tout à l’heure sans vous dire d’où il venait : c’est tout simplement le tout premier thème de la symphonie, transposé en majeur, géniale transfiguration de ce motif ! Repris à 17’29 (sur une orchestration éblouissante).
17’48 : La coda débute, et se charge de conclure la symphonie sur des trilles des bois et la frénésie des percussions. Remarquer le tremolo de grosse caisse à 18’20 : c’est fin !!! C’est sur deux notes conclusives des violons que s’achève cette première symphonie de Mahler. Les applaudissements sont mérités….
Le Dahal"
C'est vrai que cette chronique est longue.
Ca doit être pour rattrapper celle de la semaine dernière...
! Message important aux lecteurs (et aux lectrices) du dahal !
Il y a un certain temps, je vous avais demandé si un blog 100% Dahal vous intéresserait.
La présence récemment de certaines googleries Dahalique me pousse à poser à nouveau la question.
Un blog Dahalique, pour ou contre?
mercredi 06 juillet
ENFIN! La chronique du Dahal!
Le Dahal, oui, notre Dahal à nous qu'on a, ce Dahal là, celui qui fait semblant de faire 5/2 alors qu'en fait il teste juste toutes les filières possibles à Clemenceau (si, c'est possible d'aller en terminale ES après une PSI*), en d'autres termes Peïscaul, ne nous avait pas oubliés en fait.
Il m'a envoyé sa chronique par mail, mais trop tard, hélas, ce qui fait que je n'ai pas pu la poster.
Je répare des aujourd'hui cet oubli affreux.
La chronique devait s'appeler "Le Dahal ne veut pas passer les CCCP, et il le fait
savoir"
"Bonjours chers lectrices et lecteurs.









