Mon blog à moi que j'ai

Où on parle de choses, de trucs et de machins, ou pas.

mercredi 29 novembre

Ti-Bonheur - Illustrations et interrogations existentielles

Bon, donc d'abord, je voulais vous montrer des dessins que j'ai fait pour Ti-Bonheur. Ils sont pas particulièremetn artistiques, sûrement parce que je suis pas particulièrement artistique.
Le dragon est amplement pompé sur celui d'Elisabeth Neveux, dont j'ai déjà parlé, et qui est forte, grande et belle. (et surtout, qui dessine comme je voudrais savoir le faire ^^)

leila_
(là c'est Leïla en train de jeter sa bouteille à la mer)

petit_gar_on
(là c'est le petit garçon du chapitre 4, avec son bouclier et son bâton)

pirates
(Et là c'est Leïla et le dragon en train de s'entraîner à l'escrime, dans le chapitre 5)

Wala wala.

Sinon, la partie interrogations existentielles, c'est que je trouve que la qualité des chapitres se dégrade au fur et à mesure, que le tout premier chapitre était très chouette, avec un style sympa et tout (oui je suis contente de mon propre boulot des fois, ça vous en bouche un coin hein) (oui si ca se trouve je me plate, ce chapitre est pourri et j'ai des goûts de merde, auquel cas je vous proute tous abondamment en la grande quantité).
Mais au fur et à mesure, on arrive à du grand n'importe quoi. En tous cas c'est un peu mon avis, j'ai l'impression de faire de la lavasse toute moche qui ressemble à rien (mais sinon je suis pas du tout exigeante avec moi-même).

Donc si ça se trouve ce sentiment excessivement déprimant est du à la morosité ambiante qui m'ambie ces temps, ou alors c'est un vrai éclair de lucidité, auquel cas Ti-Bonheur arrêtera de ne pas vivre des aventures passionnantes et restera où il en est, voire redeviendra un chapitre unique d'une chouette histoire.

Et comme je suis dépendante du regard et de l'approbation des autres, et que j'ai pas confiance en moi, je vous pose la question : vous en pensez quoi ?

Posté par Lalette à 01:40 - Conteries - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 29 octobre

Ti-Bonheur - Chapitre 5

Pour ceux qui ont raté le début : Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4 - Intermède

J'ai modifié ce chapitre le 2.12.06. Soyez prévenus.

© 2006 Lalette -
L'histoire de Ti-Bonheur a été écrite par moi-même, avec l'aide occasionnelle de mon cerveau.
Si vous voulez une histoire aussi stylée que celle-là pour votre bloug, faisez-la vous-même ou demandez-moi par nimèl.


- Papa, pourquoi il est si petit, Bébé-Louis ? et tout violet ?
- Parce que c'est encore un tout petit bébé. Il n'est né que depuis cinq heures tu sais ! Et il ne sait pas encore très très bien respirer, mais il va apprendre très vite. Toi aussi tu étais toute petite et toute violette quand tu étais tout juste née !
- Mais il est pas malade hein ?
- Non, il va très bien, au contraire. Il est juste tout petit. Demain on retournera le voir, et il sera déjà tout rose et mignon, tu verras !
- Demain matin ?
- Non, demain matin tu iras jouer chez la voisine, pendant que j'irai acheter des couches, des biberons, et tout ce dont le bébé aura besoin en arrivant à la maison.
- Il va arriver quand ?
- Je ne sais pas, dans deux ou trois jours je pense...
- Et je pourrai jouer avec lui ?
- Ah pas encore. Il sera encore vraiment trop petit et trop fragile pour jouer... Au début il ne fera rien d'autre que dormir, manger et crier. Mais après il deviendra un petit frère toutà fait convenable !

- Tu me racontes une histoire ?
- Non, je vais préparer la liste des courses pour demain. Va jouer dans ta chambre, je te raconterai une histoire ce soir!

Le dragon était assis devant l'entrée de la caverne, très occupé à regarder ses orteils. Leïla était surprise, elle n'avait jamais pensé que les dragons pouvaient avoir des orteils.
Quand il la vit, il se redressa d'un coup, et commenca à battre ses petites ailes. C'était évident qu'il voulait encore aller survoler la mer, et filer au ras des flots. Mais Leïla était préoccupée.

-Pourquoi tu veux pas jouer avec moi ?
- Regarde, je viens de trouver cette bouteille-à-la-mer. Et le message dedans vient de la fille du roi des poissons. Les pirates l'ont enlevée !
- Enlevée ? Mais pourquoi ?
- Ben parce que c'est des pirates, pardi ! Ils vont sûrement demander une rançon... Il faut retrouver la fille du roi des poissons ! Et pour ça, il nous faut un bateau. Non, pas un bateau, un Navire, un trois-mâts !
- Mais pourquoi ?
- Parce qu'on ne peut pas attaquer des pirates comme ça, sans un bateau. Viens, aide-moi à en trouver un !
- Leïla, comment tu veux qu'on trouve un trois-mâts, comme ça ? Ca ne pousse pas sous le sabot d'un cheval, et de toutes façons il n'y a pas de chevaux sur cette planète.
- Alors on en construira un !

Heureusement, cette peine leur fut épargnée : Sur la plage les attendait le roi des Poissons, dans son bocal, entouré de toute sa garde royale, et il tenait dans ses mains une petite bouteille, laquelle contenait exactement le Navire rêvé par Leïla. Il la lui offrit, en la suppliant de retrouver sa fille. Puis il repartit, avec toute sa garde royale, en plongeant dans les vagues.

- Mais le bateau est trop petit ! On en pourra jamais monter dessus !
- Mais si, regarde...
Leïla ouvrit la bouteille au dessus de l'eau, et le bateau en sortit, mais il n'avait plus la taille de la bouteille : il enflait, enflait, jusqu'à faire la taille d'un grand et beau trois-mâts, avec tout son équipage - sauf le capitaine, évidemment, puisque le capitaine, c'était Leïla.
- Ca alors ! C'est magique !
- Mais non, en fait le bateau faisait déjà cette taille là dans la bouteille, mais à cause du verre on le voit pas de la bonne taille. Tu sais, c'est comme quand tu mets un doigt dans l'eau, et il a l'air tordu, alors qu'en fait non.
Le dragon, qui n'avait jamais eu de doigts, et les avait encore moins plongés dans de l'eau, était perplexe.
- Ca s'appelle de la réflaction. Ou réfrlexion. Je sais plus ! En tous cas, il était déjà de cette taille là.
- Mais alors comment ils ont fait pour le faire rentrer dans la bouteille ?
- Ah ? Ca, je sais pas. Ca doit être magique... On y va ?

Leïla et le dragon montèrent à bord, et Leïla prit le commandement du navire. Quelques matelots tentèrent bien de dire qu'une femme sur un bateau risquait de leur porter malheur, mais Leïla répondit fort justement que d'abord, c'était elle le chef, et ensuite, elle n'était pas une femme, mais une fille, ce qui est très différent, et que si ils n'étaient pas contents, il y avait des tas de chaînes en fond de cale, et est-ce que quelqu'un a un problème, avant qu'on aille récupérer cette princesse ? Ce à quoi personne n'eut rien à redire.

- Je ne sais pas me battre au sabre de pirate !
- Quoi ?
- Ben non, je suis pas un dragon de combat moi... J'ai jamais appris à me battre. Je ne mange que des fraises et des cerises des vergers de mon étoile !
- Ah mais ça va être un problème alors ! On ne peut pas combattre des pirates sans se battre. Tu sais cracher du feu avec tes naseaux ?
- Oui... Seulement quand j'ai très mal !
- Mais tu pourrais apprendre ?
- Je sais pas...

Le dragon s'assit sur son derrière, sembla bander tous ses muscles et se concentrer intensément. Rien ne se passa.
Il continua, plissa les yeux encore plus fort, et... Rouvrit les yeux.
Leïla était en train de le fixer en rigolant, et le dragon eut l'air un peu vexé.

- Quoi ?
- Tu es super drôle quand tu te concentres comme ça !
- Arrête de rigoler, c'est pas facile ! Je voudrais bien t'y voir, toi...
- D'accord, c'est vrai que c'est pas gentil. Vas-y, continue.

Le dragon s'assit à nouveau, et Leïla s'assit près de lui. Et tous deux fermèrent les yeux et se concentrèrent intensément, toujours sans résultat. Leïla pensait qu'à tellement se concentrer, son cerveau devait fumer, et la fumée partir par les oreilles. Ca serait rigolo si je pouvais faire sortir la fumée par le nez, le dragon croirait que j'arrive à cracher du feu et pas lui !

Evidemment, on ne peut pas se concentrer assez pour faire fumer son cerveau, même par les oreilles, donc cela n'arriva pas.

Au bout d'un long moment cependant, une petite fumée sortait des narines du dragon. Leïla décida que c'était assez pour aujourd'hui, et passa à la deuxième étape du programme :
- Et maintenant, le sabre de pirate !

Elle tendit au dragon un sabre, en garda un pour elle, et il ss'entraînairent jusqu'à ce que le soir tombe (d'un seul coup) et qu'ils soient trop fatigués pour continuer. Ils mangèrent du riz et du poulet, et allèrent se coucher.

- Leïla, tu es là ?
- Oui Papa ! On va voir Bébé Louis ?
- Dans un quart d'heure, oui. Tu as rangé ta chambre comme j'avais demandé ?
- Euh... Oui ?
- Mouais... Le bateau pirate des playmobils, il est rangé au milieu de ta chambre d'habitude ?
- Mais c'est parce que j'ai pas fini de jouer !
- Bon, tant pis. On verra ça demain, d'accord ?
- D'accord ! Promis !

Posté par Lalette à 12:43 - Conteries - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 21 août

Ti-Bonheur - Intermède en forme de chaîne bloguesque

C'est un peu une parenthèse, mais il y aura une suite (je sais pas quand)
Pour ceux qui ont raté le début :
Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4

© 2006 Lalette -
L'histoire de Ti-Bonheur a été écrite par moi-même, avec l'aide occasionnelle de mon cerveau.
Si vous voulez une histoire aussi stylée que celle-là pour votre bloug, faisez-la vous-même ou demandez-moi par nimèl.


Leïla déposa délicatement le flacon dans les vagues glacées. Elle avait de l'eau jusqu'aux chevilles, et déjà sa Maman, restée sur le sable, le rappelait : "Leïla, tu vas attrapper un rhume si tu restes dans cette eau ! Reviens vite ! "
Elle regarda un instant la petite bouteille bleue, scellée d'un bouchon de liège recouvert de cire de bougie, qui flottait dans les vagues, et s'éloignait de plus en plus... Jusqu'à ce qu'elle disparaisse, avalée par une vague un peu plus haute que les autres.

Elle avait passé des jours à attendre, attendre que l'eau-de-vie ait été bue par les amis de ses parents, pour enfin vider la jolie bouteille. Sa Maman l'avait lavée, puis elle avait mis le message dedans, refermé le bouchon et scellé le goulot avec la cire d'une bougie. Elle avait bien failli se brûler avec la bougie, mais heureusement Maman avait remarqué à temps la longue coulée de cire qui préférait rejoindre ses doigts plutôt que la bouteille.

«Je me demande jusqu'où elle va aller, Maman. Tu crois qu'elle peut arriver jusqu'au Japon ?
- Sûrement pas ! Le Japon, c'est dans l'Océan Pacifique, et ici, c'est l'Atlantique. Peut-être en Amérique... Ou dans les Antilles... Ou alors, simplement sur une autre plage de France !
- J'espère que ce sera assez solide. Tu imagines, si la bouteille se casse ? Ma lettre tombera dans la mer, et tout ce qu'on pourra en trouver, c'est des bouts de verre poli par les vagues.
- La bouteille est solide, tu sais, elle tiendra le coup. Enfin si elle ne se fait pas avaler tout rond par un gros poisson !
- Tu crois qu'elle peut faire ça ?
- Mais non, enfin, je ne pense pas... Puis si jamais on n'a pas de réponse, on n'aura qu'à en renvoyer une autre, pas vrai ?
- Oui... Mais on trouvera pas une autre bouteille aussi jolie. Celle-là, elle était tellement belle !
- On en trouvera d'autres, des jolies, t'inquiète pas, ma chérie. Puis sinon, on enverra un biberon !
- Ah non ! Bébé-Louis en a besoin.
- C'est vrai... Mais on trouvera une solution, t'en fais pas. »

Elles avaient traversé toute la plage et étaient arrivées à la voiture où les attendaient Papa et Bébé-Louis, comme d'habitude plein de bavouillis et très content de les voir.
« AAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaagra ! Bvvvvvvvvvvrrrrt.
- Tu as faim, Bébé-Louis ? On va rentrer à la maison, t'inquiète pas. Papa, y'a combien d'kilomèèèètres ?
- Autant qu'à l'aller, Leïla !
- Mais ça fait combien ?
- Une petite heure et demie, à peu près. Tu as le temps de faire une petite sieste.
- Maman, comment une heure peut être "petite" ou "grande" ? Une heure, ça fait soixante minutes, et c'est tout ! Ca peut pas faire une différente durée. C'est seulement quand on s'ennuie, ça a l'air plus long.
- C'est vrai, Leïla. Mais là, je voulais dire "un peu moins d'une heure". En tous cas, tu as le temps de faire une petite sieste. Tu es bien attachée ?
- Oui Maman...»

Berçé par le ronronnement du moteur, Bébé-Louis s'était endormi avant même d'arriver sur l'autoroute. Leïla, elle, n'avait pas sommeil... Elle était trop excitée à l'idée de la bouteille qu'elle avait envoyée, ça faisait tellement longtemps qu'elle la préparait ! Le temps que la bouteille soit vide, qu'elle rédige et recopie le message... Il avait fallu s'entraîner, elle n'avait que six ans, et ne savait pas encore très bien écrire.

Elle avait trouvé que son message était très beau : elle avait écrit avec son joli stylo, celui qu'elle avait eu pour Noël, sur un joli papier un peu jaune, et avait brûlé les bords pour que ça aie l'air d'un vrai message de pirate. Et son message disait :

«Bonjour, je suis une petite fille de France, et je m'appelle Leïla. J'aime beaucoup les histoires, alors je t'en envoie une, c'est mon Papa qui me l'a racontée. Est-ce que tu peux m'envoyer une histoire que tu connais ? Et puis après, tu peux mettre ton adresse sur le message et remettre la bouteille à la mer, comme ça quelqu'un d'autre t'enverra une histoire.»
Et puis elle avait écrit l'histoire du petit garçon et du Dragon, comme son Papa la lui avait racontée.

Maman avait écrit leur adresse, et en pensant que peut-être la bouteille arriverait jusqu'à un endroit où on ne parlait pas français, elle avait traduit tout message en anglais et en espagnol, parce que c'étaient les langues qu'elle connaissait. Après ça, Leïla avait mis quelques coquillages dans la bouteille, pas trop, pour ne pas la faire couler, et aussi un collier qu'elle avait fait avec des perles en bois, et elle avait fermé le bouchon, puis mis de la cire.
La bouteille avait fière allure, avec son message, et le bouchon de cire blanche qui contrastait avec le verre bleu.

Et puis il avait fallu attendre que Maman sorte de la maternité, et que Bébé-Louis soit assez grand pour aller en voiture, pour aller jusqu'à la mer déposer son message.
Un message dans une bouteille ! Comme dans les vraies histoires de pirates que sa Maman lui racontait. Enfin, ça, c'était avant l'arrivée de Bébé-Louis. D'abord, Maman avait passé plusieurs nuits à la Maternité, en attendant d'être assez reposée. Et puis maintenant, le soir, à l'heure de l'histoire, c'était aussi le moment de donner à manger à Bébé-Louis, et il ne voulait pas manger ailleurs que dans le lit de Maman. C'est incroyable comme un truc aussi petit et choupinou peut être bruyant et insupportable si on dérange ses petites habitudes, pensait Leïla.
Mais ça ne la dérangeait pas plus que ça. Elle pouvait jouer avec une poupée grandeur nature, et qui pleurait en vrai, en plus. Un peu trop des fois, mais ça ne durait jamais bien longtemps : quand on avait trouvé ce qui n'allait pas, en général une couche pleine ou un estomac vide, Bébé-Louis se remettait à bavouiller et à faire des bulles de salive, ou alors à dormir et à avoir l'air tellement mignon que Leïla l'aurait bien mangé tout cru, ou alors avec un nappage au chocolat.

Et puis maintenant, pendant que Bébé-Louis mangeait, c'était Papa qui lui racontait des histoires, des histoires de Dragon et de Chevalier, et de Palais, et de vol entre les astéroïdes. Elle aimait presque autant ces histoires que les histoires de pirates de son livre de contes préféré, et souvent, dans la voiture ou avant de s'endormir, elle s'imaginait voler sur le dos immense d'un dragon au-dessus de la Mer en furie, à la recherche d'un Trésor enfoui profondément.


Celui qui en a envie peut prendre la bouteille au vol, et écrire le conte que recevra Leïla... et puis renvoyer la bouteille, évidemment.


*Tsointsoin*

Le 7 septembre : Le premier conte est arrivé ! C'est Tirui qui nous raconte l'histoire de la Princesse et du Dragon. Et j'aime !


Re- *Tsointsoin*

Le 18 septembre : Un nouveau conte dans la boîte aux lettres de Leïla avec l'histoire de Laegalad !
Le conte du Bouleau (version PDF)

Posté par Lalette à 11:43 - Conteries - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 08 août

Ti-Bonheur - Chapitre 4

Où on ne parle pas de Ti-Bonheur (ni du reste) :¬þ
Pour ceux qui ont raté le début :
Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3

© 2006 Lalette -
L'histoire de Ti-Bonheur a été écrite par moi-même, avec l'aide occasionnelle de mon cerveau.
Si vous voulez une histoire aussi stylée que celle-là pour votre bloug, faisez-la vous-même ou demandez-moi par nimèl.


- Papa, tu as oublié quelque chose !
- Quoi ? Mais non ma chérie... Attends. Tu as pris ta douche, mis ton pyjama, sans oublier la robe de chambre et les chaussons, on a mangé, on a même débarassé...
- Tu veux dire que tu as mis les boîtes des pizzas dans la poubelle, quoi.
- Oui, enfin... Bon, tu t'es lavé les dents, au lit, je t'ai donné ton doudou, j'ai fermé les volets, et je t'ai fait un bisou. Non, c'est bon ! Il me reste plus qu'à partir de ta chambre, à fermer la porte, mais pas entièrement pour que la lumière du couloir passe un peu, et hop ! à demain pour de nouvelles aventures !
- Ca se voit que tu as pas l'habitude, hein Papa.
- Quoi ? hein, euh, non, c'est vrai. D'habitude c'est surtout Maman qui s'occupe du coucher. Parce que je travaille trop tard, moi. Mais comme elle est à l'hôpital, en attendant que le bébé pointe son nez...
- Oui. Du coup, tu as oublié le plus important.
- Le plus important ? Attends...
- L'histoire, Papa !
- L'histoire ! C'est vrai. Tu veux que je te lise quel livre ?
- Pas un livre, Papa. Une HISTOIRE ! Raconte-moi une histoire.
- Mais, c'est que j'en connais pas des histoires moi... Une histoire de quoi, d'abord ?
- Une histoire de dragons.
- Une histoire de... Pfff, mais Princesse, j'en connais pas, moi !
- Alors invente... S'il te plaît Papa !
- Il était une fois, il y a un peu longtemps mais pas trop quand même, un dragon qui habitait sur une planète. Sur la planète, il y avait aussi un grand palais vide, et une grotte. Le dragon habitait dans la grotte, et euh, voilà. Il y avait des jardins aussi, des jardins magnifiques, et le dragon, qui était très méchant, passait son temps à piétiner les fleurs et les fraisiers.
- Mais pourquoi il faisait ça ?
- On ne sait pas encore. Attends la fin de l'histoire, quand même ! Tu voulais une histoire, alors tu pourrais quand même me laisser la raconter.
- Oui, Papa.
- Donc, le dragon n'arrêtait pas de piétiner les fraises. Et il crachait du feu sur les cerisiers, aussi. Et un jour, un petit garçon arriva sur la planète, et vit ce dragon qui piétinait toutes les fraises et les cerises, il décida que ce n'était plus possible. Et il résolut de combattre ce dragon et de l'empêcher de nuire.
- Mais il allait le tuer tout seul ? Mais il était armé, au moins ?
- Non, c'est bien là le problème. Le petit garçon n'avait que son doudou, et encore, il voulait pas lui faire de mal, donc il l'avait caché dans la poche de son pyjama. Il fallait donc qu'il en trouve une !
- Mais s'il y avait qu'un jardin et un palais, plus la grotte du dragon, comment il va faire ?
- Ben laisse-moi raconter mon histoire, et tu le sauras !
- D'accord.
- Le petit garçon s'est donc posé sur la planète, à la recherche d'une arme qui lui permette de tuer le dragon. Il a réussi à rentrer dans le palais sans se faire voir, mais il n'a rien trouvé dedans. Le palais est tout vide, sauf un grand trône posé au beau milieu de la grande salle. Il trouve quand même un bouclier presque aussi grand que lui, au fond vert sombre, décoré avec une grosse fraise et plein de petites cerises rouges, accroché au mur. Mais pas d'arme, sinon. Pas d'épée, pas de hache, pas de hallebarde, rien. Mais le petit garçon ne se décourage pas, et décide d'aller obsserver le dragon, pour voir si il aurait un point faible, et comment l'atteindre avec juste son bouclier. Alors, en profitant que le dragon dort, il se glisse dans le jardin, et grimpe tout en haut du plus grand cerisier.

- Mais il va se faire brûler !

- Il a quand même pris son bouclier. Et puis une grosse branche à moitié calcinée, qui traînait depuis que le dragon avait craché du feu dessus et l'avait arrachée. Il se cache donc dans les branches du cerisier, derrière son grand bouclier vert et rouge, la branche morte bien serrée dans sa main droite.
Au bout d'un moment, le dragon arrive dans le jardin, il court partout, il crache du feu, il piétine les fraisiers, et le petit garçon se cache bien derrière son bouclier, et serre son doudou tout au fond de sa poche.
Et il observe le dragon, il l'observe sans se faire voir, bien caché.
Et au bout d'un long moment à observer le dragon, il se rend compte qu'il n'a pas l'air si méchant. Déjà, il est assez petit. Il fait la même taille que le petit garçon, un peu plus grand peut-être, mais pas tellement beaucoup.
Et puis... Et puis il n'a pas l'air méchant, plutôt en colère. Non, pas en colère. Il a l'air d'avoir mal.
- Pourquoi il a mal, Papa ? Pourquoi ?
- Le petit garçon se pose exactement la même question. Il regarde donc encore plus attentivement le dragon, et finit par voir...
- Quoi, quoi, quoi ?
- Que le dragon boîte un peu.
- Mais il a mal à la patte alors ? Il s'est cassé un os ?
- Non, sinon il ne pourrait pas marcher.
- Il a une échrade alors ! Quand j'ai une échrade, je boite. C'est vrai.
- On dit une ECHARDE, princesse. Mais sinon, c'est exactement ce que se dit le petit garçon. Donc, pendant que le dragon se roule par terre dans les fraisiers en poussant des hurlements terrifiants, il ne se décourage pas, et observe, observe de tous ses yeux les pattes arrière du dragon. Et il voit enfin l'écharde ! Dans le talon gauche du dragon, plantée profondément dans un coussinet, il y a un morceau de bois qui a l'air très très pointu !
- Mais comment il va faire pour le retirer ? Le dragon va pas le laisser s'approcher pour tirer dessus avec une pince à épiler trempée dans de l'alcool.
- Ben non. Alors quand le dragon quitte enfin le jardin, le petit garçon descend de son arbre, et retourne dans le palais, pour réfléchir.

[...]

- Et après ?La suiiteuh, Papa !
- La suite... Ben, demain soir, avant de dormir. Bonne nuit !
- Papaaaaaaaaaaaaaaaaa ! T'as pas le droit de faire ça, c'est pas gentil ! de toutes façons, je pourrai même pas dormir ! je vais avoir trop peur ! Et si jamais je m'endors, je ferai des tas de cauchemards et je me réveillerai en pleine nuit et j'aurai peur et je viendrai te réveiller dans ton lit et tu seras obligé de me raconter la suite !
- Je sais, je sais Louloutte. Je rigolais !
- Ben pas moi. C'était même pas drôle.
- Désolée, Princesse. Donc le petit garçon va dans le palais, pour réfléchir.
- Pour savoir comment arracher l'épine du pied du dragon !
- Voilà.
- Et alors ?
- Et alors la nuit était tombée depuis bien longtemps, mais le petit garçon, tout occupé à surveiller le dragon et à réfléchir, ne s'en était pas rendu compte. Quand il arriva dans le palais, après avoir rangé son bouclier là où il l'avait pris, il aperçut un coussin sur le trône. Et le coussin avait l'air tellement coussineux et moelleux, et si doux et rebondi, et tellement confortable, et le petit garçon se sentit soudain si fatigué de cette rude journée, qu'il ne put s'empêcher d'aller vers le coussin, de le descendre du trône...
- Parce qu'il pouvait quand même pas dormir dans le trône ! Et si le roi était arrivé d'un coup et qu'il avait vu un petit garçon sur son trône ? Il aurait sûrement été très fâché.
- Voilà. Donc le petit garçon attrappa le coussin, et le mit par terre, à côté du trône doré. Et le coussin était si grand qu'il pouvait s'y coucher comme dans un lit, et il était si moelleux qu'il était bien au chaud, blotti dans ce coussin merveilleux. Et le petit garçon s'endormit.

- La suite, Papa, la suite !
- Ca vient... Laisse-moi reprendre ma respiration quand même !
- Je croyais que tu allais t'en aller et me laisser avec une moitié d'histoire.
- Bien sûr que non. Quand le petit garçon se réveilla, il faisait grand jour, et le soleil lui chauffait la joue. Encore tout embrumé de sommeil, il eut soudain une idée.
- Il va profiter de la sieste du dragon pour se glisser sans bruit dans la grotte, et lui arracher l'épine !
- Exactement. La journée était assez avancée pour que le dragon soit en train de faire sa sieste ; le petit garçon sortit donc sans bruit du palais, toujours caché derrière son bouclier, et se glissa jusqu'à la grotte du dragon. Le dragon était là, profondément endormi. Il ronflait même un peu. Heureusement, ses pattes étaient tournées vers l'entrée de la grotte, le petit garçon n'eut donc pas à la traverser. Il repéra vite l'écharde. Elle était même assez sortie pour qu'il puisse l'attrapper.
- Mais ca va réveiller le dragon ! Ca fait vraiment très mal quand on enlève une écharde.
- C'est vrai, et le petit garçon ne l'avait pas oublié. La semaine d'avant, il s'était enfoncé une écharde dans la main en jouant avec ses petites voitures sur le vieux plancher, et ça lui avait fait très mal.
- Mais alors comment il va faire ?
- Il se cacha bien derrière son bouclier, en se tenant prêt à courir hors de la grotte pour se cacher. Et hop ! il arracha l'épine !
Le dragon fut réveillé d'un coup, et dans un hurlement de rage, il sortit de sa grotte, aveuglé par la douleur, et courut dans n'importe quel sens. Pendant ce temps-là, le petit garçon, qui s'était plaqué contre le mur de la grotte pendant que le dragon sortait, retourna bien vite dans le palais, et du haut d'une fenêtre, il regardait le dragon courir et recourir, en hurlant et en crachant du feu.
Et puis petit à petit le dragon courut moins vite, et au bout d'un moment il était complètement arrêté, et il ne hurlait plus. Il regardait autour de lui, et le petit garçon aurait dit que c'était la première fois de sa vie qu'il voyait cette planète, avec son jardin et son palais. Et d'un pas tout à fait civilisé et gentil, le dragon se dirigea vers sa grotte, puis il en ressortit et un instant plus tard, il frappait à la porte du palais. Le petit garçon était descendu de son poste d'observation, et se tenait devant le trône. Le dragon entra et s'inclina.
« Votre Majesté, dit-il, vous m'avez sauvé d'une bien pénible douleur, et je vous en remercie plus que vous ne sauriez l'imaginer.»
« J'accepte vos remerciements, monsieur Dragon, mais ce n'est pas la peine de m'appeler Votre Majesté, répondit le petit garçon en s'inclinant à son tour. Je ne suis pas roi de cette planète, voyez-vous.»
Mais le dragon s'approcha du petit garçon, et sortit de derrière son dos une magnifique couronne, bien plus belle que toutes les couronnes de galette que le petit garçon avait vues jusqu'ici. Il la déposa solennelement sur la tête du nouveau roi en disant :
« Si, vous êtes roi de cette planète, maintenant, car il était dit que celui qui apaiserait la douleur de mon pied se verrait couronné. Ce palais est votre, et ses jardins aussi, et moi aussi je suis maintenant votre esclave dévoué.»
Le petit garçon était bien content, et il s'apprêtait à demander à son nouveau serviteur un petit-déjeuner, car il avait très très faim.
Mais il regarda le dragon, réfléchit un moment, et dit :
« Je veux bien être le roi de cette planète, si tu dis que c'est ainsi que cela doit être. Mais je n'ai pas besoin d'un esclave. Ma maman m'a dit que c'était très vilain l'esclavagisation. Tu ne voudrais pas plutôt être mon ami ? On a toujours besoin d'un ami. S'il te plait, dis oui ! On irait manger des fraises et des cerises et je monterais sur ton dos, et on volerait dans l'espace, et on irait à toute vitesse ! On ferait des Zioum, et des zoup! pffffffiiiu !Zig, Zag, looping ! S'il te plaît, dis oui... »
Et bien évidemment, le dragon était d'accord, et c'est exactement ce qu'ils firent.

Posté par Lalette à 19:06 - Conteries - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 06 août

Ti-Bonheur - Chapitre 3

Le troisième chapitre de l'histoire de Ti-Bonheur... Bonne lecture ;¬þ
Et si vous n'avez pas suivi le début : Chapitre 1 - Chapitre 2

© 2006 Lalette -
L'histoire de Ti-Bonheur a été écrite par moi-même, avec l'aide occasionnelle de mon cerveau.
Si vous voulez une histoire aussi stylée que celle-là pour votre bloug, faisez-la vous-même ou demandez-moi par nimèl.

 


- Mais ça ne pleure pas les montagnes !
- Ben celle-là, si, ça se voit. Et on peut pas la laisser pleurer comme ça ! Les montagnes, c'est pas fait pour être triste, c'est fait pour être haut et couvert de neige, ou de fleurs qui sentent bon et de myrtilles qui tachent la figure ! Il faut la consoler !

- Oui... Mais comment consoler une montagne ?
- Quand je suis triste, ma Maman me prend dans ses bras et me murmure des mots très doux à l'oreille en me caressant les cheveux.
- Et tu vois où des oreilles et des cheveux sur cette montagne, toi?
- J'en sais rien... je vais m'approcher encore, et on va bien voir !

Ti-Bonheur s'approcha encore de l'astéroïde, en serrant bien DoudouLapin dans ses bras, pour qu'il n'ait pas trop peur. La montagne était beaucoup moins grande et effrayante de près. C'était plutôt une colline en fait...

Il s'approcha jusqu'à se poser sur le sommet de la colline, puis il s'assit sur une grosse pierre rouge et expliqua à DoudouLapin :

- Tu vois, il y a un chemin qui monte depuis le bas de la colline, il monte jusqu'en haut, et il redescend par là. Mais il est bizarre, il est fait avec des pierres surélevées, au lieux d'être en creux. Normalement, les chemins c'est en creux, parce qu'à force de marcher dessus, on les use. C'est Papa qui m'a expliqué. Remarque, cette colline est pas si grande, c'est plutôt un rocher. C'est peut être pour ça... J'ai jamais vu un chemin sur un rocher. Ca marche sûrement différemment. Bon, où est-ce qu'on trouve des oreilles à murmurer et des cheveux à caresser sur ce rocher?

Ti-Bonheur et DoudouLapin descendirent de la pierre du chemin et commencèrent à explorer les alentours.
Absorbés par leurs recherches, ils ne se rendirent pas compte que le mouvement saccadé des sanglots du rocher  avait cessé, et qu'il bougeait maintenant d'une tout autre manière.

Et lorsque DoudouLapin bondit en tremblant dans les bras de Ti-Bonheur, celui-ci le va les yeux, et vit...

- Pâquerette !
- Quoi ?
- Viens ! Tout de suite !
- Non, je m'approcherai pas de ce volcan en irruption.
- Pas irruption, é-ru-ption. Et c'est pas un volcan, c'est un rocher. Et il a des yeux!
- Des yeux ? N'importe quoi!
- On dit "que porte le nain"! Et c'est pas que porte le nain. C'est vrai. Viens voir!
- Non!

- Qui es-tu, petit garçon? Personne ne vient jamais par ici.
- Je m'appelle Ti-Bonheur, et voici DoudouLapin, et la fée Pâquerette, mais elle ne veut pas venir, elle a trop peur.
- J'ai pas peur ! Mais moi je veux pas être éruptionnée !
- Comme tu voudras! Moi je m'en fiche, je parle avec le rocher !  Qui es-tu, rocher ?
- Je ne suis pas un rocher... Je suis un dragon.
- Un dragon ?
- Ah, tu vois, je te l'avais dit ! C'est dangereux !
- Et... tu vas me manger ? Exiger un sacrifice ? Me brûler vivant avec DoudouLapin ? J'ai même pas d'épée, ni de sabre laser, ni rien du tout.
- Je ne te ferai pas de mal... Les dragons ne sont pas méchants, ils sont juste tristes.
- Pourquoi tu es triste ? Pourquoi tu pleurais ? Et pourquoi tu es tout seul sur cette drôle de planète ?

- Ce n'est pas une planète... C'est une étoile.
- Non, c'est pas une étoile. Ca ne scintille pas. Et puis moi, je m'y connais en étoiles, je suis roi d'une étoile. C'est vrai.
- Oncques, cette étoile scintillait vraiment... Le sol brillait des mille feux qui y brûlaient, Un magnifique château s'élevait au milieu jardins pleins d'arbres où grimper, et j'avais la place d'étendre mes ailes et de jouer avec le roi à voler entre les étoiles, à zigzaguer entre les étoiles, les planètes, les astéroïdes, sans parler des bouts de choses et de machins qui traînent un peu partout. On jouait aussi avec les rois des étoiles voisines qui venaient nous rendre visite !
- Mais comment ça se fait qu'il n'y ait plus de feux, et que tu sois tout seul ?
- Le roi est venu de moins en moins souvent, et puis plus du tout, et les feux se sont éteints petit à petit. Plus personne ne passe dans cette partie de l'univers. Le château magique est tombé en ruines... Je ne suis plus qu'un vieux dragon, tout seul, tout seul. Avant, ça oui, j'étais beau, j'étais fort. Mon Roi montait sur mon dos, et je le portais où qu'il veuille aller. On volait à toute vitesse ! Tu aurais vu ça ! et Zioum, et zoup! pffffffiiiu !Zig, Zag, looping !
- Dragon, comment tu pouvais jouer et étendre tes ailes, et avoir un château, et des jardins, et tout et tout, sur cette planète? Elle est minuscule, c'est à peine un astéroïde, regarde ! Tu as à peine la place de t'y mettre debout... Et pourtant, tu es tout petit.
- Tout petit ?!? Tu plaisantes ! Je suis le plus grand dragon de l'Univers! Et mes écailles chatoient de reflets ambrés.
- Regarde... Si je me mets sur la pointe des pieds, je suis plus grand que toi. Et je suis un tout petit garçon.
- Je ne sais pas pourquoi, je ne comprends pas... L'étoile a commencé par s'éteindre, lentement, sans même que je ne m'en rende compte au début... Et puis... Elle a du rapetisser, et moi avec, je suppose.

- Mais qu'est-ce qui est arrivé? C'est pas normal ! Les étoiles ne s'éteignent pas comme ça, elles explosent. C'est la maîtresse qui l'a dit.

- Il a  du vieillir...
- Pâquerette ? Je croyais que tu ne voulais pas approcher du Dragon !
- Ca n'a plus d'importance.
- Qu'est-ce que tu disais ?
- Il a du vieillir. Le roi de cette étoile. Il a du vieillir et oublier qu'il avait été roi. Alors le roi en lui disparaît, et avec lui son royaume. Tout se fenedille et craquèle, pour finalement se dégonfler comme une vieille baudruche percée.
- Mais qu'est-ce qu'il est devenu ?
- Ce que tu as devant toi : un astéroïde biscornu, et un dragon aux yeux tristes...
- Non ! Le roi ! Qu'est-ce qu'il est devenu s'il a arrêté de régner ? S'il ne règne pas, ce n'est plus un roi. Qu'est-ce que c'est alors? Qu'est-ce qu'il est devenu ?
- Il a du devenir dentiste ou avocat, comptable ou mécanicien, journaliste ou employé de bureau, Que sais-je encore ?
- Tu veux dire que c'est une grande personne ?
- Exactement, petit d'homme. C'est une grande personne... Qui a oublié comment rêver. Ou qui est en train d'oublier, puisque le dragon est encore là. Bientôt, il va disparaître à son tour, quand la grande personne l'aura aussi oublié...
- Mais je ne veux pas disparaître ! Je suis le plus beau Dragon du monde, je chatoie des écailles, je suis un reflet ambré, zouif, zig, zag, looping, zoup, pfffffuiiii ! Je ne peux pas disparaître ! C'est simplement pas possible. Les dragons ne disparaissent pas, c'est tout.
- Pâquerette, qu'est-ce qu'on peut faire ? Il ne doit pas disparaître, le pauvre ! Et puis son étoile va s'ennuyer. Et si un jour son roi revient ? Il retrouvera son étoile toute moche et son dragon disparu. Moi si un jour je vieillis, je veux pouvoir te retrouver, Pâquerette, je veux pas que tu disparaisse ! Tu vas pas disparaître hein ?

- Pas forcément, Ti-Bonheur...
- Mais tu vas forcément grandir, comme mon roi. C'est normal de grandir, tous les enfants grandissent. Les bébés deviennent des petits enfants qui deviennent des moyens puis des grands enfants. Et puis un jour les grands enfants deviennent des grands tout court, ils apprennent le travail et ont des enfants à leur tour. Et ils ont des soucis et oublient peu à peu leur étoile et leur dragon. Et leur royaume disparait... C'est dans l'ordre des choses.
- Alors je ne veux pas grandir. Je resterai ici toujours, et comme ça je ne grandirai pas, hein Pâquerette ?
- Non, petit d'homme, tu ne dois pas rester ici toujours. Le monde est beau et tu dois l'explorer de toutes les façons possibles, y compris en grandissant.
- Mais tu vas disparaitre !
- Pas forcément... Pas si tu gardes quelque part un souvenir de ton royaume, pas si tu prends soin de le modeler à ton image en grandissant. Pas si tu as toujours envie d'y venir.
- Alors pourquoi le roi a vieilli ?
- Il a du oublier...
- Mais si on va le voir, si on lui dit de revenir, s'il revient, tout ira bien. L'étoile redeviendra brillante et le dragon retrouvera son chatoiement ambré. On va le chercher !

- Vrai ? Vous allez faire ça ? Pour moi ?
- Ben on n'a pas le choix, sinon tu vas diparaître, j'te f'rais dire.
- On ne peut pas le faire pour toi, de toutes façons.
- Oh ? Pourquoi ? Et comment il va faire tout seul ?
- Nous, on ne le connaît pas son roi. Donc même si on le voit, et ca serait difficile, passqu'on sait pas du tout qui c'est...
- Ah oui, c'est vrai. En plus il y a six milliards de gens dans le monde entier, je l'ai appris à l'école.
- Voilà, tu as bien compris le problème... Et même si on le voit, on pourra même pas le reconnaître. Donc il faudra que ce soit toi, Dragon, qui retrouve ton roi.
- Mais comment je vais faire ? Je vais disparaître !
- Tu n'as qu'à recommencer à voler, à jouer, pour regrandir dans l'esprit de ton roi. Ainsi peut-être qu'il reviendra...
- Tu crois ?
- Oui... De toutes façons c'est notre seule chance. Bon courage, Dragon !

[...]

- Ti-Bonheur ?
- ...
- Ti-Bonheur ? J'ai terminé les comptes. Tu veux une histoire maintenant ?
- Les contes ? Tu veux dire que tu m'écrivais des histoires ?
- Non, Ti-Bonheur, je comptais combien d'argent on avait, tu te souviens ?
- Ah, oui. On en a combien ?
- Assez... Et puis, c'est pas si important. Alors, cette histoire, tu la veux ?
- Non !
- Quoi? Mais d'habitude...
- C'est moi qui vais te raconter une histoire maintenant.
- Une histoire de quoi ?
- Une histoire de dragon... Mais n'aie pas peur, c'est un gentil dragon.
Il était une fois un dragon qui vivait dans une étoile. Sur l'étoile il y avait un roi, et il était ami avec le dragon, et zouif, zig, zag, looping, zoup, pfffffuiiii ! Ils s'amusaient à voler entre les astéroïdes...

Posté par Lalette à 20:52 - Conteries - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 05 août

Ti-Bonheur - Chapitre 2

Voilà le deuxième chapitre de l'histoire de Ti-Bonheur... Il y aura une suite (le chapitre 3 est terminé, et le 4 en préparation).
Bonne lecture, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires !

 

© 2006 Lalette -
L'histoire de Ti-Bonheur a été écrite par moi-même, avec l'aide occasionnelle de mon cerveau.
Si vous voulez une histoire aussi stylée que celle-là pour votre bloug, faisez-la vous-même ou demandez-moi par nimèl.

 


- Maman, tu me racontes une histoire ?
- Pas maintenant, Ti-bonheur, je suis occupée, tu vois bien.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je travaille...
- Mais c'est quoi comme travail ?
- Tu vois, je prends tous les tickets de tout ce qu'on a acheté, et j'écris qu'on l'a acheté sur un papier, et ensuite je compte combien d'argent on avait, combien on en a dépensé, et je l'écris aussi sur le papier, et comme ça je peux calculer combien il reste.
- Mais tu pourrais regarder dans ton porte-monnaie ce qu'il y a, et tu saurais !
- C'est plus compliqué que ça, tit-ange...
- Mais tu as dit que...
- Ecoute, j'essaie de travailler, c'est difficile, c'est compliqué, et je n'ai pas le temps de répondre à tes questions !
[...]
- Maman...
- Quoi ?
- Tu me racontes une histoire ?
- Qu'est-ce que je vians de dire ? Tu vois bien que je suis occupée ! Tu ferais mieux d'aller jouer dans ta chambre.
- Mais je veux pas jouer, j'ai envie d'une histoire.
- Eh bien, raconte-toi une histoire tout seul ! Ou alors, attends ce soir. Avant de dormir, je te raconterai une histoire. Maintenant, je travaille, alors laisse-moi tranquille.
- Oui Maman...

Le petit garçon sortit de la cuisine en traînant les pieds, et se dirigea vers sa chambre. Jouer ? Oui, mais à quoi ? Il ouvrit la porte trop grande de l'armoire aux étagères trop hautes et balaya les rayonnages du regard.
Chacune des boîtes plus ou moins bien alignées, remplie de jeux d'habitude si attrayants, semblait lui dire "pas maintenant".
Il s'assit en tailleur sur son lit, son DoudouLapin à la main.

La fée Pâquerette vint se poser sur son épaule.

- Ca n'a pas l'air d'aller, dis donc...
- Maman veut pas me raconter une histoire.
- Pourquoi ? Elle aime bien te raconter des histoires normalement. Tu as fait une bêtise, et tu es puni ?
- Elle est occupée à des choses de grand. Ca la rend énervée et pas gentille. Du coup, moi je m'ennuie. C'est pas juste !
- Tu ne veux pas jouer ?
- Moi je veux bien, mais à quoi ? Aucun jeu ne veut jouer avec moi. Puis c'est pas drôle de jouer tout seul !
- Moi je veux bien jouer avec toi ! On y va ?
- Mais tu existes pas ! Tu es juste un produit de mon imagination fertile.
- Quoi ?
- C'est la voisine d'en face qui l'a dit à Maman. Comme si je l'avais pas entendu, j'étais juste à côté ! J'étais en train d'expliquer à Maman comment on allait jouer à cache-cache dans les étoiles, et elle est arrivée et elle a dit que c'est fou ce que les enfants ont une imagination fertile, ils inventent n'importe quoi.
- On dit "que porte le nain", pas "nain porte quoi" !
- N'empêche que tu existes pas.
- Ah oui ? Et pourquoi tu me parles, alors ?
- Parce que je m'ennuie !
- Alors tu peux aussi bien jouer avec moi.
- J'ai pas envie de jouer !
- Tu as envie de quoi, alors ?
- Je veux qu'on me raconte une histoire. Tu sais raconter des histoires, toi ?
- Non... J'en connais que des que tu sais déjà.
- Pfff...
- Mais je sais où on peut trouver quelqu'un qui en sait !
- Où ça ?
- On n'a qu'à aller sur une étoile au hasard, et demander au roi ou à la reine de nous raconter une histoire !
- On a le droit de faire ça ?
- Evidemment ! Il suffit de fermer les yeux, et de s'envoler... Et dès qu'on voit uen étoile, on se pose !

- Ca marchera pas.
- Pourquoi ça ?
- C'est pas possible ! Il fait jour, et  il y a pas d'étoiles le jour ! Donc ça marchera pas !
- Bien sûr qu'il ya  des étoiles le jour ! C'est juste que le Soleil est trop lumieux, il les cache. Mais elles sont toujours là !
- Comme la Lune ?
- Exactement. Enfin, non. Enfin, j'en sais rien ! Mais les étoiles sont là même le jour, c'est sûr. On y va ?
- On y va ! Mais je prends mon DoudouLapin, comme ça il pourra voir aussi comment c'est dans les nuages. Je lui ai dit que c'était comme du coton, mais il veut pas me croire.
- On y va !

DoudouLapin, Ti-Bonheur et la fée Pâquerette prirent leur envol et sortirent non pas par la fenêtre, mais en traversant tout simplement le plafond, le grenier et le toit - cela sans rien casser ni se faire mal, évidemment. Et une fois au-dessus des nuages, que même DoudouLapin trouve cotonneux et moelleux à souhait, ils virent que la fée avait raison : les étoiles étaient bien là, comme d'habitude.

- Tu vois ? Elles sont là, et elles n'attendent que ta visite !
- Il nous faut une étoile un peu grande, une belle, une dont le roi a des tas d'histoires à raconter !
- Vous m'attraperez pas !
- Hééé ! Pâquerette ! On avait dit qu'on cherchait une histoire, pas qu'on jouait à cache-toi-dans-les-étoiles !
- Attrappez-moi d'abord, on cherchera après !

DoudouLapin et Ti-Bonheur filèrent à la suite de la petite fée, en faisant bien attention de ne pas déranger les météorites et les comètes qui couraient d'un bout à l'autre de l'espace.
Et alors qu'ils zigzaguaient entre les étoiles, les planètes, les astéroïdes, sans parler des bouts de choses et de machins qui traînent un peu partout, ils retrouvèrent Pâquerette, qui semblait les attendre sans plus bouger.

- On va t'attrapper !
- ...
- Ouhouh, Pâquerette ! On approche ! On va gagner !

Pâquerette ne bougeait toujours pas, elle semblait observer une drôle de planète - même pas une planète en fait, plutôt une sorte d'astéroïde tout tordu, au sol brun-rouge, avec une grosse bosse rouge un peu plus fonçé sur le côté.

- Une montagne... qui bouge? Pâquerette, qu'est-ce que c'est que ça?
- Je ne sais pas... Ca fait longtemps que je regarde, la montagne n'arrête pas de bouger. C'est le plus long tremblement de terre que j'aie jamais vu!
- On s'approche? Pour voir?
- C'est peut-être dangereux! Si ça se trouve, c'est un volcan sur le point d'exploser!
- Les volcans n'explosent pas, ils entrent en éruption. C'est la maîtresse qui l'a dit.
- N'empêche. C'est sûrement dangereux, et DoudouLapin va avoir peur!
- ...
- Il dit qu'il a pas peur, et qu'il veut aller voir cette drôle de planète.
- Bon... Mais pas trop près, hein !

[...]

- Pâquerette !
- Quoi?
- La montagne... Elle tremble pas. Elle pleure!
- Une montagne qui pleure?
- Oui, regarde!

Une grosse larme venait de couler le long de la montagne, et de s'écraser sur le sol en faisant une imense flaque salée.

À suivre...

Posté par Lalette à 15:03 - Conteries - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 13 mai

Ti-Bonheur

 

© 2006 Lalette -
L'histoire de Ti-Bonheur a été écrite par moi-même, avec l'aide occasionnelle de mon cerveau.
Si vous voulez une histoire aussi stylée que celle-là pour votre bloug, faisez-la vous-même ou demandez-moi par nimèl.

 


- Il était une fois, il y a bien longtemps, en un pays lointain...
- Maman!
- Oui, mon ti-bonheur?
- Maman, pourquoi tous tes contes se passent toujours il y a bien longtemps, dans un pays lointain?
- Mais... Peut être parce qu'en ce temps-là, en ce pays lointain, le Monde était plus magique que maintenant?
- Plus magique que maintenant? Mais comment ça se peut? Il n'est plus magique, tu veux dire?
- Si. Bien sûr que si, tu le sais bien. Il y a toujours l'Ancienne Magie, même si elle est un peu oubliée. Et puis les écoles de Sorcellerie continuent de transmettre le savoir des mages.
- Alors pourquoi il n'y a pas de contes qui se passent ici, et maintenant?
- Mais il y en a! Par exemple, la Grande Fresque Mootique, ou le Naheulbeukevala, ou...
- Mais non! Ce ne sont pas des contes, ça, Maman, ce sont des contes rendus. Pourquoi il n'y a pas de contes qui n'auraient pas été rendus?
- Il y en a... Je vais t'en conter un. Avant-hier, tout près d'ici...
- Pourquoi avant-hier, Maman? Et pourquoi "tout près d'ici" et pas ici pour de vrai?
- Tu veux un conte de maintenant, tout de suite, qui se passerait juste là, dans ta chambre?
- Ben pas obligé. On peut pas rester dans ma chambre tout le temps... Y'a pas de dragon, ni de chevalier. Ni de princesse à sauver.
- Et il faut un dragon, un chevalier et une princesse à sauver pour faire un conte? Tu es sûr?
- Bon, peut être pas. Mais il faut un roi, sinon, c'est pas un vrai conte. Et il faut de la magie. Et il faut du courage et des épreuves. Et il faut un ennemi méchant qui voudrait empêcher la fin d'être joyeuse...
- Il faut une fin joyeuse, aussi?
- Oui. Sinon, c'est un conte triste. Et j'ai pas envie d'être triste.
- Moi non plus ti-bonheur, je ne veux pas que tu sois triste. Alors promis, les ennemis n'empêcheront pas la fin d'être heureuse.

- Commence ton histoire, Maman!
- Maintenant?
- Et ici, oui!
- Dans sa chambre était...
- Pourquoi "était"? J'ai dit maintenant!
- Excuse-moi... Dans sa chambre est un petit garçon. Assis sur son lit, il s'apprête à écouter sa Maman lui raconter une histoire. Plus exactement, un conte... Il ne se doute pas encore qu'il est sur le point de faire le plus beau voyage de toute sa vie...
- Un voyage? Un voyage où ça? Un voyage loin?
- Non, pas trop loin... Sa Maman trouve qu'il est encore bien petit pour aller trop loin, et...
- Mais je suis pas petit, moi! Je suis grand!
- Oui, ti-bonheur, tu es grand. Tu es plus grand qu'hier, et demain tu seras encore plus grand. Mais tu n'es pas encore vraiment grand, pas encore!
- Je suis pas encore grand comme un Papa?
- Voilà. Et c'est pour ça que tes parents...
- Les parents, c'est toi et Papa!
- Exactement. C'est pour ça que moi et ton Papa, on doit te protéger contre ceux qui voudraient te faire du mal.
- Ou si je veux faire des bêtises!
- Tout à fait. Et donc, la Maman du petit garçon qui est un peu grand, mais pas encore comme un Papa, trouve qu'il est encore bien petit pour aller tout seul dans un royaume lointain pourfendre des ennemis et des dragons.
- Et puis, je sais pas encore lire, alors je pourrais pas lire les panneaux!
- Voilà. Et tu risquerais de te retrouver perdu au beau milieu d'un royaume lointain plein d'ennemis et de dragons!
- Sans parler du reste!
- Et sans ta Maman, ni ton Papa, ni même ton Doudou, si ça se trouve!
- Ben oui, parce que je peux pas emmener mon Doudou. Ca serait vraiment trop dangereux, si il essayait de traverser la route et qu'il se faisait écraser par un cheval.
- C'est vrai, ca serait très ennuyeux. Tu veux entendre la suite du conte?
- Oui! Il est où, le beau voyage?
- Tout près d'ici... Ferme tes yeux, ti-bonheur...
- Fermer mes yeux? Mais pourquoi? Si je ferme les yeux, je serai aveugle, et je pourrai pas voir si les dragons arrivent!
- Il n'y a pas de dragon, ne t'inquiète pas. Tu sais bien que je ne te laisserais pas affronter un dragon les yeux fermés!
- Et sans mon Doudou!
- Oui, c'est hors de question. Ferme tes petits yeux, ti-Doudou.
- D'accord.

- Très bien. Le petit garçon ferma ses yeux et se sentit d'abord aveugle. Puis, doucement, voit apparaître dans le noir une petite lumière. Et la lumière chancelle un peu, non, elle scintille...
- Si elle scintille, c'est une étoile!
- Quoi?
- Si elle scintille, c'est une étoile... Puis sinon, c'est une planète. Sauf si elle clignote, et là, c'est un avion.
- C'est vrai! Mais là, la lueur scintille.
- C'est une étoile?
- Effectivement, on dirait bien que c'est une étoile. Et elle semble se rapprocher, et puis le petit garçon se rend compte...
- Maman! Maman, je vole! Je vole vers l'étoile! Je vole dans l'espace, vers l'étoile!

[...]

- Maman. C'est *pas* possible de voler dans l'espace vers une seule étoile.
- Et pourquoi ça?
- Parce que dans l'espace, il n'y a pas d'air. Et parce que dans l'espace, il n'y a pas une seule étoile. Et pas de nuage pour cacher les autres.
- Et que fais-tu de la magie? C'est un conte, non?
- Mais je n'ai pas de baguette magique!
- Qui a dit que tu avais besoin d'une baguette magique? La vraie magie, ti-bonheur, c'est l'Ancienne Magie. C'est la magie des Mots et celle de l'Amour...
- Comme quand tu me racontes une histoire pour que je dorme bien et que je fasse des jolis rêves, et que tu me prends dans tes bras et que tu me fais un bisou pour me souhaiter bonne nuit?
- Exactement. Referme tes yeux, ti-bonheur!
- Et quand tu m'appelles ti-bonheur aussi, c'est comme de la magie?
- Non, c'est toi qui es magique, ti-bonheur... Referme tes petits yeux... L'Etoile t'attend!

- Maman?
- Oui?
- Je suis vraiment chanceux, hein!
- Chanceux?
- Ca veut dire que j'ai de la chance. c'est la maîtresse qui nous l'a dit.
- C'est vrai. Mais pourquoi?
- Ben, parce que c'est son métier, de nous apprendre des choses, tiens!
- Oui, mais pourquoi est-ce que tu es chanceux?
- Parce que je suis magique.
- C'est vrai. Et tu sais, ti-bonheur, tu dois faire attention. Parce que certains enfants, quand ils grandissent, ils deviennent juste des grandes personnes comme toutes les autres. Mais toi, tu devras rester magique, toujours.
- Mais comment je vais pouvoir rester magique? Tu veux dire, sans grandir? Mais je veux grandir, moi. Je veux devenir fort comme un Papa.
- Ca n'empêche pas... Referme tes yeux, Tu apprendras tout ça sur l'étoile.
- Ah? Comment tu le sais?
- Eh, c'est moi qui raconte l'histoire, je te rappelle!
- Ah, oui.
- Tu la vois?
- Oui. Et je suis encore en train de voler. C'est très agréable, je suis bien content d'être magique.
- Le petit garçon volait toujours vers l'étoile, et quand il fut arrivé assez près, il s'aperçut que sur la surface de l'étoile, Il y avait un magnifique palais.

- Maman?
- Oui?
- C'est un palais magique?
- Bien sûr!
- Ouf. Parce que sinon, il aurait été obligé de brûler. Parce que le sol des étoiles, c'est du feu, tu le savais, ça, Maman?
- Oui, c'est vrai. Mais là, c'est un palais magique... Et comme toi aussi, tu es magique, tu pourras même marcher sur l'étoile, tu sais!
- Chouette! J'y vais!
- Et le petit garçon atterit sur le sol enflammé de l'étoile. Il y fait bien chaud, mais pas trop du tout. C'est que l'étoile est sûrement magique, elle aussi. Le petit garçon se dirige vers le palais, et, comme il n'y a pas de garde, il entre. Il n'y a personne à l'intérieur. Le petit garçon se dirige vers le trône magnifique au milieu de la salle. Et il remarque sur le dossier du trône une minuscule fée. Elle est haute comme une demi-pomme, et habillée d'une fleur de pâquerette, avec des ailes transparentes. Et quand elle voit le petit garçon, elle volette vers lui et se pose sur son épaule. Elle se hisse sur la pointe des pieds vers l'oreille du petit garçon.
- Et qu'est-ce qu'elle dit, Maman, qu'est-ce qu'elle dit?
- Elle dépose dans le creux de l'oreille du petit garçon une révélation aux reflets nacrés.
- Mais qu'est-ce que c'est? C'est un secret?
- Non, ce n'est pas un secret. Ou plutôt, si... C'est un secret que le petit garçon partagera avec tous ceux qu'il ne veut pas devenir des grandes personnes ordinaire. La fée lui apprend qu'il est le roi de ce palais, et que le trône est le sien. Et le petit garçon remarque alors en lettres de feu son nom sur le dossier du trône.
- Mais je n'ai pas envie d'être un roi! Ca doit être très ennuyeux de rester assis toute la journée dans un trône, même sur une étoile.
- La fée lui explique alors qu'il n'a pas à s'asseoir sur le trône. Il est le roi d'un pays qu'il doit encore créer. Il est le roi d'une étoile qui n'existe que dans ses yeux fermés, mais qui se voit encore quand il les ouvre, quand on sait regarder.

Et la Maman du petit garçon regarda les yeux fermés de son enfant, écouta sa respiration régulière et sourit au sourire qui éclairait son visage détendu. Et elle s'éloigna sur la pointe des pieds, laissant son ti-bonheur explorer son nouveau Royaume.


Conte écrit pour le grand jeu du "Il était une fois..." de Laegalad, mais j'ai triché en mettant pas la bonne fin.

Posté par Lalette à 18:52 - Conteries - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1 
 

Les anecdotes relatées dans ce blog sont un honteux plagiat d'une réalité parallèle à un espace de Banach de dimension supérieure à 8.
Toute similitude avec des personnes ou des évènements existants ou ayant existé serait donc peut-être une pure coincidence, et peut-être pas.
La crêpe de la bannière a été réalisée par les blanches mains de Zaza. Par contre j'ai pas pu la goûter en vrai, alors je peux pas dire si elle était bonne ou pas.
Firefox c'est bon, mangez-en
Firefox c'est bon, mangez-en